Portrait

  • : Rêveries et Humanisme
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  • : Etudiant en lettres modernes, militant associatif et politique, Marc-Henri Duvernet a une ligne de conduite préférée : se subordonner à ses passions. *En permanence révolté et insatisfait face à l'ordre établi.* *L'émancipation comme raison et l'action comme champ d'expérience.*
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Vendredi 30 novembre 2007
http://www.franceradicale.org/jauresorateur_fichiers/125.jpg"Il s’est trouvé dans tous les temps des hommes qui ont su commander aux autres par la puissance de la parole. Ce n’est néanmoins que dans les siècles éclairés que l’on a bien écrit et bien parlé. La véritable éloquence suppose l’exercice du génie et la culture de l’esprit. Elle est bien différente de cette facilité naturelle de parler, qui n’est qu’un talent, une qualité accordée à tous ceux dont les passions sont fortes, les organes souples et l’imagination prompte. Ces hommes sentent vivement, s’affectent de même, le marquent fortement au dehors ; et, par une impression purement mécanique, ils transmettent aux autres leur enthousiasme et leurs affections. C’est le corps qui parle au corps ; tous les mouvements, tous les signes, concourent et servent également. Que faut-il pour émouvoir la multitude et l’entraîner ? Que faut-il pour ébranler la plupart même des autres hommes et les persuader ? Un ton véhément et pathétique, des gestes expressifs et fréquents, des paroles rapides et sonnantes. Mais pour le petit nombre de ceux dont la tête est ferme, le goût délicat et le sens exquis, et qui, comme vous, Messieurs, comptent pour peu le ton, les gestes et le vain son des mots, il faut des choses, des pensées, des raisons ; il faut savoir les présenter, les nuancer, les ordonner : il ne suffit pas de frapper l’oreille et d’occuper les yeux ; il faut agir sur l’âme et toucher le cœur en parlant à l’esprit."

Discours sur le style
Buffon

De temps à autres, retrouvez une réflexion profonde, une belle pensée, d'une femme ou d'un homme, éclairé de par ce qu'il ressent, de par ce qu'il voit ou de par ce qu'il entend au sein de son environnement, de son monde contemporain le plus proche comme le plus lointain.
par M.H.D
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Vendredi 9 novembre 2007

L'image “http://www.nuesblog.com/IMG/cache-610x458/capitalism-610x458.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Le pacte démocratique serait-il spontanément pacte de corruption ? A lire Nicolas Machiavel, c’est l’entropie politique première, un mal inexorable parce que naturel, mais compressible. Un mal que seuls les fins analystes du politique peuvent, non pas éradiquer, mais réguler.

Et nous d’ajouter, que seuls les théoriciens de la démocratie peuvent, et doivent, non pas seulement contrôler mais raréfier au maximum. Mais voilà, ces derniers, pour conter l’histoire de la démocratie, laissent trop souvent de côté celle de ses travestissements. Et manquent par là même l’élargissement actuel du concept de corruption : avec la mondialisation du capital, les délits d’initiés sont devenus massifs et l’économie s’est «mafiaïsée». Avec la démocratisation, la boîte noire de la démocratie s’est fait caisse et, à défaut d’équilibrer les rapports sociaux, les a fluidifiés. En somme, la fin pervertie des conflits sociaux et le choc des libertés en marche, liberté de marché versus liberté du citoyen…

Mais la corruption démocratique n’est pas exclusivement pécuniaire. A côté des dirigeants du groupe européen EADS et des Denis Gautier-Sauvagnac, il y a les anciens chefs de gouvernement condamnés en première instance pour financement illicite de parti politique, fraude fiscale, faux en bilan, toujours relaxés en appel ou bénéficiant de la prescription, et toujours plus prompts à flatter les individus : la démagogie ou le plus sûr moyen de rendre durable la corruption démocratique. La démagogie a toujours été un fléau du politique mais dans la démocratie ultramédiatique elle est le verso même de la corruption.

Démagogues et corrompus forment un binôme entropique des plus efficaces : rien de plus redoutable en effet que la démagogie pour dénerver la pensée démocratique et la corruption, pour la paralyser. Inutile donc d’en appeler à l’incorruptible pour lutter contre la corruption. Laissons là les incantations.

Préférons la dissection méthodique : il est temps que l’on s’intéresse scientifiquement à la corruption, autrement dit que les chercheurs en sciences humaines et sociales se ressaisissent des «humanités» et cessent de laisser aux seuls juges le soin d’étudier et de traiter des affaires de corruption.

Jadis, les théoriciens du politique savaient à quel point la question de la corruption était fondamentale. Aujourd’hui, les théoriciens de la démocratie l’oublient trop souvent. Les journalistes, aussi. Où sont les cartographies démontant les réseaux de corruption, les contiguïtés entre pouvoir politique et capitalisme financier et la bureaucratisation des procédures de corruptibilité ? Où sont tous ces efforts pour démystifier la méritocratie et ses trames où se court-circuite la République ? Où sont les opposants politiques pour élaborer de vraies alternatives ? Où sont les citoyens ? Non pour qu’ils pratiquent la surveillance ou la délation, mais pour qu’ils pratiquent enfin leur «citoyenneté», cette dimension publique d’eux-mêmes. La civilité ou la seule boussole démocratique, la seule régulation équitable et efficace contre la corruption.

Cela vous paraît trop peu ? Mais c’est immense. C’est l’éthique sans la morale, le bien sans l’héroïsme, le droit sans le profit, la République sans ses rentiers. Qu’est-ce que la civilité sinon le lien social non corrompu, le lien le plus objectivement résistant à la corruption ? En somme, le vrai progrès, la science pour tous.


Nul doute que si Alexis de Tocqueville avait intuitionné l’association civile comme la science mère de la démocratie, c’est parce qu’il avait vu dans la citoyenneté le paradigme scientifique de la durabilité démocratique. D’autres diraient une éthique de la citoyenneté sans vertu.


Cynthia Fleury
Philosophe

De temps à autres, retrouvez une réflexion profonde, une belle pensée, d'une femme ou d'un homme, éclairé de par ce qu'il ressent, de par ce qu'il voit ou de par ce qu'il entend au sein de son environnement, de son monde contemporain le plus proche comme le plus lointain.
par M.H.D
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Lundi 24 septembre 2007
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Je suis toujours bien là, ne vous en préoccupez pas. C'est juste qu'il est des jours où la plume est attentive à d'autres activités, tout aussi pensantes, tout au moins politiques et tout au plus philosophiques. Cette plume n'est pas nécessairement numérique, elle est juste là, près de moi, assujettie à mes choix.

"Quand tout était dans l'ordre autour de moi quand j'étais content de tout ce qui m'entourait et de la sphère dans laquelle j'avais à vivre, je la remplissais de mes affections. Mon âme expansive s'étendait sur d'autres objets, et toujours attiré loin de moi par des goûts de mille espèces, par des attachements aimables qui sans cesse occupaient mon coeur, je m'oubliais en quelque façon moi- même, j'étais tout entier à ce qui m'était étranger et j'éprouvais dans la continuelle agitation de mon coeur toute la vicissitude des choses humaines. Cette vie orageuse ne me laissait ni paix au-dedans ni repos au-dehors. Heureux en apparence, je n'avais pas un sentiment qui pût soutenir l'épreuve de la réflexion et dans lequel je pusse vraiment me complaire. Jamais je n'étais parfaitement content ni d'autrui ni de moi-même."

Les Rêveries du promeneur solitaire
Rousseau

De temps à autres, retrouvez une réflexion profonde, une belle pensée, d'une femme ou d'un homme, éclairé de par ce qu'il ressent, de par ce qu'il voit ou de par ce qu'il entend au sein de son environnement, de son monde contemporain le plus proche comme le plus lointain.
par M.H.D
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La victoire à gauche

 

L'être humaniste


"Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l'homme, le respect des autres êtres avant l'amour-propre." Claude Lévi-Strauss



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Si philosopher c'est douter, alors le doute est une claire douleur quotidienne.


Omnia vincit amor
Orbis unum
Sapere aude !


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