Portrait

  • : Rêveries et Humanisme
  • belhumaniste
  • : Société
  • : Etudiant en lettres modernes, militant associatif et politique, Marc-Henri Duvernet a une ligne de conduite préférée : se subordonner à ses passions. *En permanence révolté et insatisfait face à l'ordre établi.* *L'émancipation comme raison et l'action comme champ d'expérience.*
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Lundi 8 octobre 2007



"Sganarelle

Eh, Monsieur.

Dom Juan

Quoi, parle ?

Sganarelle

Assurément que vous avez raison, si vous le voulez, on ne peut pas aller là contre ; mais si vous ne le vouliez pas, ce serait peut-être une autre affaire.

Dom Juan

Eh bien, je te donne la liberté de parler, et de me dire tes sentiments.

Sganarelle

En ce cas, Monsieur, je vous dirai franchement que je n’approuve point votre méthode, et que je trouve fort vilain d’aimer de tous côtés comme vous faites.

Dom Juan

Quoi ? tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse, à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux : non, non, la constance n’est bonne que pour des ridicules, toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première, ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout, où je la trouve ; et je cède facilement à cette douce violence, dont elle nous entraîne ; j’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle, n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages, et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d’aimable, et dès qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire par cent hommages le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu’on y fait ; à combattre par des transports, par des larmes, et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme, qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules, dont elle se fait un honneur, et la mener doucement, où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire, ni rien à souhaiter, tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour ; si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin, il n’est rien de si doux, que de triompher de la résistance d’une belle personne ; et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs, je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

Sganarelle

Vertu de ma vie, comme vous débitez ; il semble que vous ayez appris cela par cœur, et vous parlez tout comme un livre."

Passage de l'Acte I, scène 2
Dom Juan

Molière
par M.H.D
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Dimanche 9 septembre 2007
http://jlhuss.blog.lemonde.fr/files/2007/05/harmonie-des-spheres-dali.1180381160.jpg

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
- C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.

Apparition
Mallarmé
par M.H.D
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Dimanche 20 mai 2007
L'image “http://www.fuenterrebollo.com/FernandoVII/Napoleon/napoleon-waterloo.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Moments de flottements, d’amnésie et fort peu de génie.

Aujourd’hui, le peuple endormi et captif approuve, mais libre et éclairé, il réprouve !
Pourquoi ce peuple ingrat, a tant besoin d’être guidé ?
L'immanence et la luminosité sont-ils si opposés ?


« Tout est bien. Honte et gloire. On encaisse des sommes.
Le peuple dort; dormir, c'est abdiquer; les hommes
Sont ou gisants de force ou courbés de plein gré.
L'empereur brille, d'ombre et de soleil tigré.
Pas un talent ne l'aide; et c'est là le miracle.
L'histoire n'avait pas encor vu ce spectacle
La complicité bête autour d'un crime noir.
C'est une des beautés de César que d'avoir
Seul de la profondeur dans ses sanglants, caprices,
Et que d'être un mandrin servi par des jocrisses.
Rouher, en lui venant baiser le tibia,
L'inonde de pathos, et Suin de charabia;
Grandperret, Chaix d'Estange, assassinent la langue;
Car ils ont dépassé dans le genre harangue
Même l'ancien patois bête des vieilles cours
Leur bouche vile abonde en stupides discours;
De toute ignominie ils ont les monopoles.
Ô Satan, qui créas les Séjans,- les Walpoles,,
Les Dubois, les Rùfins, jamais tu n'accouplas
A d'aussi lâches coeurs des esprits aussi plat!
Mais cette petitesse augmente Bonaparte.
Colosse à Sybaris,- on serait nain à Sparte;
Si Pygmée- est debout parmi des endormis,
Il domine, et Tom Pouce est grand chez les fourmis. »

Tout est bien
Hugo
par M.H.D
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La victoire à gauche

 

L'être humaniste


"Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l'homme, le respect des autres êtres avant l'amour-propre." Claude Lévi-Strauss



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Si philosopher c'est douter, alors le doute est une claire douleur quotidienne.


Omnia vincit amor
Orbis unum
Sapere aude !


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