Rêveries et Humanismehttp://www.reveries-humanisme.com/2005-12-18T22:50:14Zover-blog.com Atom 1.0 Generatorhttp://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.pngEtudiant en lettres modernes, militant associatif et politique, Marc-Henri Duvernet a une ligne de conduite préférée : se subordonner à ses passions.
*En permanence révolté et insatisfait face à l'ordre établi.*
*L'émancipation comme raison et l'action comme champ d'expérience.*http://www.reveries-humanisme.com/article-24461150.html4 semaines2008-11-09T23:35:06Z2008-11-05T21:41:00ZMarc-Henri Duvernethttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html
"La forêt de symboles"
Parfois, l'histoire peut créer des phénomènes et même les enfermer dans des rêveries trop lourdes qu'ils finissent
par oublier la substantifique moelle de leurs projets et ne révéler que la plastique qu'ils avaient pu faire apparaître, même à leurs dépens. Les hommes providentiels n'ont jamais existé et ne
peuvent ni l'être, ni prétendre le devenir. L'histoire se révèle tellement troublante lorsqu'elle décide de faire sans une individualité et de se retourner contre elle, que la seule l'adhésion
massive d'hommes et de femmes à un projet peut encore poursuivre un rêve commun, un idéal. Avant d'être un rêve, un symbole immensément fort et important qui pose dès à présent la sceau du
progrès sur celle-ci, l'élection d'une majorité écrasante de démocrates et surtout celle de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis d'Amérique, relève d'un besoin évident de changement, après
huit années très médiocres de gouvernance de G.W Bush, dogmatique, antisocial, conservateur, adepte du choc des civilisations et peu enclin au dialogue diplomatique. Sous son mandat qui a débuté
lorsque j'étais encore adolescent, l'image des Etats-Unis s'était dégradée, avilie au point que ce grand pays référent dans quelques libertés individuelles, était devenu peu crédible et plus du
tout attractif notamment pour les jeunes de ce monde. Sans même parler de modèle, qui bien sûr n'en est pas un, ce pays avait perdu de sa classe, de son tempérament, de sa notoriété, était devenu
peut-être ridicule à cause de politiques intérieures dévastatrices au niveau des dettes sociale et économique et de guerres mal préparées et coûteuses en morts et dollars. C'est dans ce contexte
que Barack Obama prendra très vite ses responsabilités et tentera de sortir les US de la crise, donc le monde d'une ornière économique, dont le coupable est un système promu et accéléré sous le
mandat de Reagan, le néolibéralisme.
Beaucoup évoquent le New deal de Roosvelt, comparant les contextes et les personnages, et parlent donc d'une politique de relance, de sécurité sociale pour les plus précaires, les exclus et les
sans-voix, de régulations financière et bancaire, de liberté syndicale accrue ou même de protectionnisme, grande tradition économique chez les démocrates. Je pense sincèrement que toutes ces
mesures seront des avancées sociales et permettront à des millions d'américains de retrouver espoir en leur Etat, appelons-le "Providence". Il faudra cette fois par contre, y inclure la notion de
l'écologie et de la défense de l'environnement, sans quoi une étape sera manquée dans la route vers le progrès social, indissociable des questions écologiques et environnementales.
Ici, le vent d'une liesse populaire a soufflé également. J'ai eu l'impression d'une inconsciente et troublante émotion, prenant racine bien au delà du signe historique qui a été marqué au fer
rouge par le peuple américain. Ce fut presque une délivrance, un soulagement, une euphorie généralisée, un inconscient soucis du bonheur collectif matérialisés à un même moment, partout dans le
monde. C'est tout juste un signal génial envoyé à l'histoire et au monde, qui ne communie pas assez souvent avec tels moments fédérateurs.
Nous ne pouvons donc pas parler du monde, sans parler des Etats-Unis qui contrôlent et décident encore du sort de beaucoup de nations et de démocraties. Cette élection là a donc des répercussions
mondiales et les politiques qu'Obama mènera, auront des répercussions sur nos propres économies. Les défis sont immenses, globaux et palpitants. L'humanité est probablement à un croisement de son
histoire sociale et les premiers signes envoyés tendent à y répondre favorablement, dans l'espoir de jours meilleurs, métissés, solidaires et paisibles. Cette élection est un bonheur réel, qu'il
faut consommer sans préjugés matérialistes ou dogmatiques, car l'intensité de l'émotion ancrera le devoir de changement bien plus profondément encore qu'il n'aurait pu l'être sans cette communion
optimiste, si agréable à ressentir.
Tout d'abord, je connais beaucoup de personnes, d'origines étrangères ou n'ayant pas encore la nationalité française qui ont été très émues par cette élection. Elles ont certainement vu la
reconnaissance des vertus et capacités d'Obama par le peuple américain au delà de son origine ethnique. En effet, il ne s'agit jamais de voter en faveur d'une minorité, d'une sexualité ou d'un
sexe qui a été discriminé et malmené durant l'Histoire, mais plutôt de choisir des talents, des projets bien que ceux-ci ne soient pas promus par quelqu'un considéré comme appartenant à un
"groupe dominant". Ici, personne n'est dominé et l'aspect de la plus entière égalité en droits doit être défendue. Un espoir large les enorgueillit et les subjugue donc, je leur emprunte le pas
évidemment.
Néanmoins, je souhaite poursuivre mon propos par une critique qui j'espère sera caduque avec le temps. Barack Obama durant sa campagne s'était targué d'avoir comme soutien un des hommes les plus
fortunés des Etats-Unis, Warren Buffet. Fier de ce soutien, il l'avait promu et développé allégrement dans les médias. Je dois avouer que je suis critique et sceptique quant à ce choix politique
en pleine campagne électorale. Je voudrais rappeler ici que ce même personnage avait prétendu qu'une lutte des classes aux Etats-Unis avait eu lieu et que son camp, celui des possédants, des non
inquiétés, des nantis, des rentiers, des actionnaires, des pansus, des repus, l'avait gagnée contre les plus démunis. Cette posture idéologique n'est pas anodine et accroît toujours plus le
principe que les plus contestataires et vindicatifs sur leurs droits, leur avenir grandiose, sont la classe des privilégiés qui en veulent toujours plus sur le dos de tous les autres : écrasante
majorité exploitée.
De surcroît, je ne m'étendrai pas non plus sur le refus d'Obama de remédier à la peine capitale, au libre port
d'armes à feu ou encore au mariage homosexuel par exemple.
C'est ainsi que je pondère l'euphorie généralisée de cette élection qui toutefois nous donne de l'espoir formel d'abord, lorsque nous pensons à Rosa Park, à Luther King, à Nelson Mandela ou à
tous les autres citoyens du monde qui ont lutté pour l'égalité des droits et la reconnaissance entière des libertés collectives ou individuelles, pour eux, mais souvent pour leurs nations
entières. Face à l'Histoire, une telle élection marque les mentalités, le cours des évènements et l'ordre des choses. Bien sûr que rien n'est acquis et que chaque liberté est sans cesse à
conquérir, à reconquérir lors de combats sociaux, de victoires politiques, mais soulevons ici l'extraordinaire performance d'un homme qui a su gagner les esprits et les cœurs, après que la nation
américaine ait connu l'esclavagisme dans un cadre légal, la ségrégation raciale, les discriminations et les rébellions : marqueurs de fractures sociales, de repli identitaire et de
communautarisme.
Obama devra certes unir l'Amérique et insuffler la notion d'égalité entre les hommes même face à leurs histoires
et leurs conditions sociales, mais il ne devra surtout pas perdre de vue ce que l'Amérique binaire de Bush n'a pas compris, soit l'urgent besoin de créer les conditions mondiales de paix entre
les hommes, en préservant notre environnement et en créant un nouveau mode de gouvernance international pour réduire les marges de manœuvre du système dominant, qui est en train d'effondrer nos
sociétés dans leurs bases sociales et économiques. Rien ne nous empêche d'en rêver, rien ne nous empêche de continuer le combat.
(Autre vote, autre personne, une grosse pensée à Castro et à ma
loutre)
http://www.reveries-humanisme.com/article-24261742.htmlChange we need2008-11-02T22:49:27Z2008-10-30T21:53:00ZMarc-Henri Duvernethttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/19/63/61/DSCN1195.jpg" />
Maël, 20 ans, est étudiant en master de droit international à l'Université de Louisiane
(Bâton-Rouge)
Quel regard portes-tu sur ces élections américaines ?
Un regard fasciné, réellement. Je dois avouer que je suis déjà à la base passionné
par la culture américaine, mais le choix de mon année à l'étranger effectuée actuellement n'était pas forcément indépendant de ces enjeux présidentiels. Tout le monde s'accorde ici à dire que
cette élection est historique, et elle l'est. Un doux parfum d'euphorie s'empare de mes interlocuteurs un temps soit peu intéressés par la chose publique lorsque que j'évoque avec eux cette
échéance. Les médias français se battent pour savoir si la candidature d'un afro-américain a réellement un impact sur les résultats du 4 Novembre. Ici, la question ne se pose même plus : c'est
indubitable. Bien plus que d'avoir depuis longtemps dépassé le phénomène encore trop présent dans la société américaine du "angry black man", qui consiste à voir en la minorité noire une
population constamment énervée et agressive, le Sénateur Obama a su créer un sentiment d'espoir et de fraternité qui ne s'est jamais ressenti auparavant. La comparaison avec John F. Kennedy est
sur ce point très juste ; jamais une personnalité politique n'aura suscité une telle émulation et su se créer une telle aura.
Elle est également historique puisque jamais une campagne présidentielle n'aura duré
aussi longtemps et n'aura dépensé autant d'argent. Jamais un candidat n'aura pu non plus amasser tant de dons des particuliers, puisque la majorité des fonds du candidat démocrate provient de
personnes ayant signé des chèques ne dépassant pas deux cents dollars. Enfin, elle risque d'être historique par sa participation; les inscriptions sur les listes électorales ont explosé pour
cette élection. C'est la première fois que la population se sent autant concernée, et j'ai eu plusieurs échos de personnes qui avaient mis trois ou quatre heures pour pouvoir voter (le early
voting est possible en Louisiane deux semaines avant l'élection officielle) du fait du nombre impressionnant de personnes qui s'entassait dans les bureaux de vote ! Cela prouve à la fois une
mobilisation réelle et une volonté de fer de vouloir s'exprimer par le biais de son bulletin.
Dans un contexte international de Crise, comment les américains voient-ils ces
élections ?
L'avance incontestable d'Obama dans les sondages est due à tout un tas de facteurs,
dont ceux que je viens d'évoquer. Et je pense que l'on trouve parmi eux ce que l'on a appelé en France le "phénomène Le Pen". En effet, environ 80% de la population estime George W. Bush comme le
pire Président de toute l'histoire des États-Unis. Les Américains ne veulent plus d'un tel président à aucun prix, et Barack Obama a su insister sur le fait que l'administration McCain pourrait
être similaire, voire pire que celle en place jusqu'au 20 janvier 2009. Ainsi, comme en 2002 lors du deuxième tour des élections présidentielles, une partie très importante de la population s'est
déplacée dans les bureaux de vote afin de ne pas voter POUR quelqu'un, mais plutôt voter absolument CONTRE. La situation est plutôt analogue ici puisqu'une grande partie des électeurs ne veulent
plus d'une administration Bush, donc McCain. Barack Obama a ainsi su drainer une grande partie de ses soutiens grâce à cette situation.
Toutefois, la crise économique l'a également aidé à conforter sa position dans les
sondages. Il est vrai que les deux candidats n'ont pas des positions totalement opposées quant aux solutions de cette crise, comme l'illustre le fait qu'ils appelaient tous les deux au vote de la
première version du Plan Paulson alors que le texte adopté en deuxième lecture était plus avantageux du point de vue du contribuable. Toutefois, au-delà des programmes en eux-mêmes, je crois
remarquer une légère évolution dans l'idéologie même qui sépare les deux parties, et qui semble profiter au Sénateur de l'Illinois. Ayant parlé avec plusieurs Américains à ce propos, ils
semblaient d'accord pour dire qu'ils constataient comme moi un changement de position quant à la place du gouvernement dans l'État. Comme tous les médias l'ont fait remarquer, cette crise met en
exergue l'absence de régulation des marchés financiers par les États. Les citoyens en tirent des leçons en s'interrogeant subséquemment sur le rôle que doit jouer l'État dans les règles
préétablies sur les marchés. C'est donc la première fois que l'on assiste à un début de changement de l'idéologie profonde des États-Unis consistant à admettre que, peut-être, un gouvernement
plus fort permettrait d'éviter ce genre de dérives. Nous sommes encore néanmoins assez loin pour la plupart d'appliquer cette théorie à d'autres domaines que l'économie.
En quelques mots, peux-tu nous expliquer le mode de scrutin pour l'élection du
Président ? Quels sont les enjeux stratégiques de celui-ci ?
Les élections présidentielles américaines sont des élections plutôt compliquées pour
des non-initiés. Pour faire simple, et en oubliant la partie la plus compliquée des élections qu'est le moment des primaires, chaque État a un nombre de grands électeurs qui correspond au nombre
de membres du Congrès dont dispose l'État. Un État a donc un minimum de trois grands électeurs puisque l'on trouve deux Sénateurs par États, ainsi qu'un nombre de Représentants proportionnel à la
population. Les grands électeurs permettent ensuite de désigner le gagnant de la course à la Maison-Blanche. Toutefois, il ne suffit pas d'avoir le plus grand nombre de grands électeurs, mais un
score d'au moins 270 est requis pour devenir Président.
Chaque État établit ses propres règles quant à la nomination et à l'élection de ces
grands électeurs. Concernant l'élection, la totalité des États, excepté le Maine et le Nebraska, applique le principe du Winner-Take-All (WTA). C'est précisément ce point-là du système américain
qui est le plus aberrant, et qui pour moi font que ces élections sont encore moins
démocratiques qu'en France. En effet, selon ce système, le candidat qui a le plus de voix remporte la totalité des grands électeurs dans cet État. Il n'y a ici aucun vote proportionnel, sauf dans
les deux États sus-énoncés. C'est justement à cause de ce système qu'un candidat peut obtenir la majorité des votes populaires sans pour autant gagner le bureau ovale. Dans ce cadre-là, il n'est
pas étonnant que le taux de participation se situe au plus bas du classement des pays dits civilisés ; prenons l'exemple du Texas, les résultats seront, comme toujours, en faveur du parti
républicain. Il est compréhensible dans ces conditions qu'un démocrate texan se sente lésé dans son intention de vote et choisisse de ne plus voter.
De plus, l'un des principes qui font qu'une élection est dite démocratique est que
chaque vote compte de manière égale. Or, le système du collège électoral tel qu'il est mis en place aux États-Unis fait en sorte que les votes des petits États sont favorisés par rapport aux
grands. En effet, effectuons par exemple la comparaison entre l'Alaska (d'où Sarah Palin peut voir la Russie) et la Pennsylvanie, l'un des plus grands swing states. L'Alaska compte trois
grands électeurs, contre vingt-et-un pour la Pennsylvanie. Si l'on procède à un rapide calcul en comparaison avec la population de chaque État, l'on constatera facilement que trois grands
électeurs représenteront 600 000 habitants de l'Alaska, tandis qu'il n'en faudra qu'un pour atteindre le même nombre d'habitants en Pennsylvanie. La donne démocratique est forcément faussée, même
si un électeur de Pennsylvanie aura plus de chance de jouer un rôle dans cette élection.
En effet, celui-ci, comme l'Ohio, ou la Floride, est ce que l'on appelle un
swing state (ou purple state) ; ce genre d'État est décisif pour les élections présidentielles puisqu'ils concentrent un nombre important de grands électeurs tout en obtenant
généralement des résultats très serrés lors du vote. C'est pour cela que, en toute logique, ces États sont aussi appelés battleground states, où les candidats concentrent la plupart de
leur temps et de leur agent de campagne, oubliant souvent le reste des États-Unis, ce qui est là aussi une lacune du système. Ce qui est particulier avec cette élection, c'est que certains autres
États sont susceptibles de devenir des swing states. En effet, des États comme la Caroline du Nord ou la Virginie sont traditionnellement dits républicains ; ils n'ont respectivement pas
voté pour un candidat démocrate depuis 1976 avec Jimmy Carter et Lyndon Johnson en 1964. Toutefois, les sondages dans ces États laissent Barack Obama gagnant avec une large majorité. La force de
cette élection se traduit donc par le fait que, si Barack Obama est élu grâce à ces États, il aura su renverser toutes les attentes pour ce genre d'États traditionnellement acquis à la cause
républicaine, oubliés donc par le candidat républicain pendant la campagne. Facteur sur lequel Obama a su parfaitement jouer.
Nous savons qu'il y a d'autres votes le 4 novembre, par exemple sur la proposition 8 en Californie. Qu'en est-il vraiment ?
En effet, la proposition 8 en Californie fait partie des très nombreuses élections
qui auront lieu le 4 novembre. Mais c'est une des seules qui va avoir un tout petit peu plus de couverture médiatique que les autres. En effet, cette proposition 8 concerne le droit au
mariage pour les homosexuels. La Cour Suprême de Californie avait en effet accepté l'application du mariage aux couples de même sexe, tout comme dans le Connecticut et le Massachusetts.
Toutefois, le droit constitutionnel californien permet un référendum d'initiative populaire afin d'amender la Constitution de l'État fédéré. Les opposants au mariage gay ont donc pu récolter
assez de signatures pour qu'un référendum introduisant l'exclusivité du mariage pour les couples hétérosexuels puisse avoir lieu. Le problème est que là aussi, pour être régulière, la question
doit être bien posée. Néanmoins, dans la mesure où c'est un référendum qui vise à interdire le mariage gay, la question sera approximativement posée de la manière suivante : voulez-vous inscrire
dans la Constitution de Californie le fait que le mariage soit réservé uniquement aux couples composés d'un homme et d'une femme ? Ainsi, les partisans de la non-discrimination devront voter non.
Et inversement, les anti-mariage devront voter oui. Ce qui n'est pas vraiment logique dans la mesure où, dans le débat actuel, c'est un référendum pour ou contre la mariage
homosexuel.
Mais c'est très loin d'être la seule autre élection ce jour-là ; il y aura en effet
au niveau national, comme tous les deux ans, l'élection de la Chambre des Représentants et d'un tiers des sénateurs, mais qui ne suscite pas vraiment de réel enthousiasme dans la mesure où il n'y
a pas de surprise. Le seul enthousiasme se situe au niveau du fait de savoir quel démocrate va gagner son siège, et quel républicain va le perdre. Nous savons déjà en effet que la majorité
démocrate actuelle ne va pas changer, et qu'elle va même s'accroître. La dernière fois où cette élection a éveillé un certain engouement de la part du public était il y a deux ans, lors des
midterm elections, où il était fort probable que la majorité républicaine soit renversée, ce qui est arrivé. En ce qui concerne l'élection à la Chambre des Représentants, on pourrait
comparer ce genre d'élection, du point de vue du suspense et de l'attente engendrée chez les électeurs, à nos élections sénatoriales. Et il s'agit pourtant, du point de vue de l'institution, de
l'équivalent de notre Assemblée Nationale !… La différence de déroulement du scrutin est également notable ; comme nos élections aux conseils généraux, l'élection est un scrutin uninominal, mais
à un tour (excepté en Louisiane), et par district.
Les autres nombreuses élections ne dépassent pas les enjeux locaux ; élections des
gouverneurs, des maires, etc… Je parlais de ce sujet avec un professeur de science politique qui s'étonnait qu'en France, nous ne faisions pas "tout le même jour", alors que c'était beaucoup
"moins cher" de cette façon. Il semblerait qu'en France, nous privilégions le débat d'idées à la rentabilité.
Quel candidat soutiens-tu et pourquoi ?
Je ne serai pas très original, et je dirai que comme la grande majorité de la
population européenne, je suis en faveur d'Obama. D'abord parce que je pense que si McCain était élu, ce ne sera pas une politique Bush bis qui serait mise en place, mais sûrement quelque chose
de pire, surtout sur le plan de la politique étrangère. John McCain a une personnalité beaucoup plus agressive que son concurrent ou même que George W. Bush, cela s'est notamment vu lors du
dernier débat présidentiel. Bush est quelqu'un de plus tranquille par rapport à McCain, comme nous avons pu le constater lors du conflit russo-géorgien. McCain n'hésitera à dire ce qu'il a à
dire, sans forcément utiliser des termes nécessairement très diplomatiques. L'image des États-Unis est en jeu dans cette élection, et si John McCain passait, cela nuirait profondément à l'image
du pays. L'Amérique n'a absolument pas besoin d'une politique plus agressive qu'elle ne l'est actuellement.
Sur le plan de la politique interne, je pense que l'Amérique, du fait de sa taille
et de son influence, se devrait d'être un modèle, en matière de droits civils notamment, mais elle a malheureusement beaucoup de retards sur certains points. C'est pourquoi je suis partisan d'une
politique progressiste à la Obama, du point de vue de l'assurance maladie, de l'avortement, du droit des femmes, des travailleurs, des homosexuels, de l'environnement (même si McCain dit ne pas
être opposé au protocole de Kyoto)… Il y a bien sûr encore quelques lacunes dans ses propositions, mais il est capital qu'Obama occupe la Maison Blanche pour essayer de faire avancer les
mentalités sur de multiples sujets dont l'Amérique a encore trop peur.
Pour moi, le contraste qui caractérise les deux candidats est particulièrement
ressorti lors du dernier débat télévisé. D'un côté, nous avions un McCain offensif, qui tentait par tous les moyens de tacler Obama sur un autre terrain que celui de son programme. De l'autre, il
y avait le candidat démocrate qui ne perdait pas la face, et ne jouait pas sur d'autre sujet que celui de la pure politique. Pour moi, leur optique est complètement différente dans le sens où
McCain semble dire "mon passé parle pour moi, élisez-moi", tandis que Obama dit "il y a de l'espoir dans l'avenir, élisez-moi". L'un regarde vers l'avenir, l'autre vers le passé ; lequel doit-on
choisir ?
D'un autre côté, il y a les vice-présidentiables. Je crois que l'on ne mesure pas
vraiment l'importance de ces candidatures en France. Il est vrai qu'ici, un candidat à la vice-présidence est choisi en fonction du nombre de voix qu'il peut apporter au candidat, et non en
fonction des idées qu'il peut apporter. Par exemple McCain venant du Sud-Est a choisi une vice-présidentiable du Nord-Ouest, il l'a également choisi pour le côté chrétien catholique qui lui
manquait fermement selon la base républicaine, pour récupérer également certains votes de femmes déçues de la nomination d'Hillary Clinton, ainsi que pour prouver à son parti qu'il est réellement
conservateur ; on lui a reproché de ne pas l'être assez, Sarah Palin a forcément amené cela puisqu'elle se révèle même être encore plus conservatrice que le candidat républicain à la présidence
lui-même. Quoiqu'il en soit, l'importance de ce choix est ici primordiale puisque McCain a 72 ans, et pas forcément une très bonne santé. Si jamais il venait à passer l'arme à gauche, Sarah Palin
serait la première femme présidente des États-Unis ! Mais ici, ce serait pour moi inquiétant. Même si sa personnalité et son image m'attirent beaucoup personnellement, ses idées me révulsent et,
comme je le disais, elle se révèle avoir des opinions bien plus radicales que John McCain…
De toute façon, il n'y a plus beaucoup de suspense, et c'est peut-être cela qui est
décevant dans cette élection. Même si Sarah Palin tente de jouer sur la corde sensible en prononçant innocemment – et poliment – le nom complet de Barack Hussein Obama pendant ses discours, cela
ne changera pas grand-chose. Je ne me mouillerai pas trop en disant que celui-ci sera le quarante-quatrième président des États-Unis. Les sondages le montrent, et un "effet Bradley" tant décrié
ne jouera sûrement que sur un ou deux points. Quand je pose la question "qu'est-ce qui peut faire que John McCain soit élu Président à l'heure actuelle ?" à certains professeurs de science
politique, ils ne me répondent pas "une bonne guerre" comme certaines personnes du staff républicain l'ont évoqué mais plutôt "des fraudes électorales". Et s'il venait à être réellement élu, il y
aurait de sérieux doutes quant à la légalité de cette élection. Ces mêmes professeurs ont notamment évoqué le fait que les machines à voter mises en place par le gouvernement fédéral sont des
machines fabriquées par une entreprise qui finance une bonne partie des campagnes républicaines. D'autres ont évoqués l'exemple de l'avant-dernière élection où le parti républicain aurait envoyé
anonymement des centaines de lettres à des quartiers pauvres et mal-éduqués, réputés voter démocrate pour leur dire qu'ils ne pourraient plus voter, que leur vote ne serait pas pris en compte et
que, par conséquent, il n'était pas la peine de se déplacer.
Le candidat démocrate incarne réellement l'espoir, le renouveau, et pour moi une
autre manière de faire de la politique, beaucoup plus pacifiste. Je ne vois donc pas d'autre alternative que celle de Barack Obama.
Enfin, quels sont les modes de militantisme des principaux camps aux États-Unis ? En quoi une campagne politique américaine peut-elle être différente d'une autre en France
?
Aux États-Unis, l'activisme politique est très faible, et le militantisme ne se
réveille que ponctuellement tous les quatre ans lors d'élections qui ont de réels enjeux. Au-delà de cela, on ne ressent pas réellement de ferveur politique comme il existe en France pour la
politique en général, puisqu'il n'y a en réalité pas de débats d'idées. Je le vois bien dans mes conversations, ou même dans les débats que l'on a parfois en cours ; l'image du candidat passe
avant son programme. Dès que l'on dépasse cela et que l'on aborde des problèmes de fond, il y a souvent beaucoup de confusions, comme par exemple lorsqu'un étudiant traite Obama de socialiste
(oui, ici, le socialisme est quasiment une insulte), et lorsqu'un professeur répond en donnant une définition du socialisme qui se rapproche fortement de celle d'une dictature
communiste.
Ici, on ne vote pratiquement pas pour un programme, mais avant tout pour une
personne. Cela explique par exemple que certains supporters déçus d'Hillary Clinton se soit reportés sur John McCain, ou que certains électeurs démocrates ne voteront pas pour Obama parce qu'il
est noir. L'image a toujours énormément compté dans toute élection américaine. Et ce depuis longtemps; en 1960, le débat présidentiel a eu lieu pour la première fois à la télévision. Les sondages
ont montré que John Kennedy avait gagné le débat. Toutefois, Nixon, qui ne faisait pas du tout attention à son apparence, l'avait gagné, selon ces sondages, pour les personnes qui ont suivi le
débat à la radio. Cela montre à quel point l'apparence est primordiale. Nous, Français, cherchons quelqu'un qui puisse gérer une politique interne avant tout selon une certaine idéologie, tandis
qu'eux, Américains, cherchent avant tout un bon mari, un bon père de famille, un bon commandant en chef, et quelqu'un qui puisse régler les problèmes d'une société individualiste qui, j'ai
l'impression, est adepte du « court-termisme » dans le choix de ses leaders politiques.
http://www.reveries-humanisme.com/article-23872500.htmlDemi-tour2008-10-22T23:19:31Z2008-10-19T02:14:00ZMarc-Henri Duvernethttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/19/63/61/0a457f98_ville_nuit.jpg" />
Il n'était pas très tard ce soir-là, vingt trois heures environ. Je rentrais précipitamment d'une soirée amicale
bourguignonne. J'avais la tête ailleurs, et mes pensées à travers la musique qui animait mon véhicule me berçaient dans des considérations déconnectées des réalités de terrain. Une fois de plus,
ne pouvais-je pas m'extirper de celles-ci ?
Des dizaines de minutes passèrent sans que rien ne se produise vraiment. Une pluie fine commençait à tomber avec
insistance, je ne me souciais guère du temps qu'il faisait alors. Effectivement, les environs bressans sont calmes, extraordinairement désertiques à cette heure-là, en pleine semaine. Aucune
peine n'est à remarquer, ni à saisir. Tout me paraissait rangé, calfeutré et bien loti.
Pourtant, à mi-distance de Lons-le-Saunier, au sein du fief d'Arnaud Montebourg, j'ai peiné à m'arrêter. Mon
attention avait bien été retenue mais l'élan de mon véhicule et le contexte si confortable dans lequel j'étais, ne m'avait pas connecté aux réalités extérieures. Au fur et à mesure que les mètres
étaient avalés, mes pensées changèrent et la conscience me revint. J'avais bien vu un bras se tendre sur ma droite, avec un pouce levé. Il était jeune, portait un sac, semblait au téléphone, la
pluie continuait de tomber. Ayant pleinement repris mes esprits, je fis demi-tour en pensant à tous mes camarades qui viennent aux réunions politiques par ce biais là, toujours motivés et prêts à
venir militer bravant les contraintes d'un territoire rural. Il n'empêche, l'auto-stoppeur dans nos contrées ne met jamais plus de quinze minutes avant de se faire embarquer. A ce titre, j'ai
toujours eu un profond respect pour cette motivation de l'inconnu, ce courage de se mettre en mouvement devant ces contraintes. Je n'ai jamais été auto-stoppeur, mais de l'autre côté, je
considère que toute personne est intéressante à embarquer, car elle a un passé, une histoire et des choses à dire. Aimant découvrir l'autre, et humaniste avant tout, je me suis donc arrêté à
proximité de lui. Il monta.
Mal rasé, osant à peine me regarder, il semblait mal à l’aise. Pourtant, ma propension à entamer à un discours avec n'importe qui n'importe où, le surprit seulement les premiers instants.
Effectivement gêné face à mes premières interrogations et surtout hébété d'avoir croisé quelqu'un à cette heure, une conversation s'engagea toutefois. Il avait dix sept ans et demi et rentrait
chez lui. Pour quelles raisons était-il là, dans cette situation ?
Une discussion plus décontractée et ouverte s'engagea alors. Il me confia qu'il sortait du travail et que son
service venait de se terminer. Il travaillait dans un restaurant. Sans ménagement, nous connaissons tous, les conditions de travail difficiles et souvent, l'exploitation régulière des employés de
ces structures. J'ai connu beaucoup de personnes à différents postes qui ont exercé dans l'hôtellerie et la restauration, toutes m'ont déjà parlé des contraintes excessives dressées face à elles.
Je pensais directement à ce jeune homme et sa situation. Il m'apprit qu'au delà de travailler dans ce secteur, il était stagiaire. Aujourd'hui encore, la situation des stagiaires dans notre pays
n'a pas varié et cette main d’œuvre profite encore à des patrons qui ne se soucient guère du suivi d'une formation délivrés, car ils voient plutôt le bonhomme qui peut servir et se rendre utile
de manière efficace et très peu chère. Sa situation de vie le rebutait à poursuivre cette formation d'apprentissage en cuisine. C'est alors qu'il se mit à rêver pour ses perspectives d'avenir et
me parla de ses ambitions : se rendre sur Brest pour devenir pâtissier dans la Marine nationale ou bien ouvrir son restaurant en Espagne.
Ces projets de vie valent sûrement mieux que de terminer par exemple un samedi à presque trois heures du matin, payé uniquement de cinq à dix heures du soir. Effectivement, il me confia que ce
soir-là, les clients traînaient à partir et le patron souhaitait qu'il reste, alors que son unique soirée de la semaine lui filait entre les doigts. Quelle ignominie que de pouvoir traiter ainsi
un jeune, entrant à peine dans la vie active. C'est tout juste bon à l'en détourner. Ce sera très probablement le cas.
Ce jeune marcheur n'était pas à son premier essai, pour retourner à pied chez lui. A de nombreuses reprises,
souvent tard, il avait pu rentrer de bout en bout seul, sans qu'un citoyen ne puisse le prendre pour lui écourter sa marche. Lorsque l'on sait qu'il lui faut cinq heures de marche ininterrompue
pour rentrer, après une journée de travail morose, seuls le courage et le rêve d'une jeunesse exploitée peuvent bien encore soulever des montagnes. Il a bien pensé évidemment à passer le permis
et commencer à prendre des leçons de conduite, mais ses moyens ne lui permettent pas de les financer. C'est ainsi qu'il s'est tourné vers les collectivités territoriales qui offrent des bourses
sous certaines conditions pour garantir aux apprentis le passage du permis de conduire, outil indispensable pour leur avenir professionnel. Avenir tout court, en territoire rural.
Cette entrevue m'a encore émerveillé par son intensité. Elle a renforcé aussi toutes les expériences que je découvre régulièrement sur le terrain des réalités sociales dans notre pays. Souvent,
je vois que les politiques d'investissement décidées par les collectivités territoriales de gauche permettent à beaucoup de citoyens de souffler un peu, bien qu'aucune issue sécurisante ne
réponde à leur situations.
Arrivés dans son village en Bresse, je lui demandais son prénom alors qu'il sortait de la voiture. Baissant la tête pour m'apercevoir une dernière fois et me répondre, je lui donnais mon
prénom à mon tour et lui souhaitais une bonne continuation. Simplement, dans l'esquisse d'un sourire, nos routes se séparèrent alors.
http://www.reveries-humanisme.com/article-23226656.htmlFiles d'attente2008-10-09T14:32:34Z2008-09-28T19:56:00ZMarc-Henri Duvernethttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/19/63/61//018-san-francisco.jpg" />
"Les jours s'en vont, je demeure." Enfin, pas totalement. Les semaines passent et ne se ressemblent pas, les jours se consomment en digérant bien la matière vécue. Mon mode de vie
hâtif est tangible et l'agenda tenu est concrètement rempli. Je n'en demeure pas moins épanoui, car j'apprends beaucoup et j'essaie de me réaliser de chaque côté. Du côté intime, j'ai
dernièrement vécu quelque chose de fort d'un point de vue historique et psychologique. Cette expérience a été un véritable soulagement pour moi et pour une personne que je soutenais. Je la
connais depuis plus d'une année, nos rapports sont amicaux et nos échanges passablement décomplexés. Réservée, très souriante et pugnace, cette demoiselle a beaucoup de charme et peut
paraître parfois flegmatique et distante. Il n'empêche que son chemin a rencontré le Sphinx. La première file d'attente débute alors ici.
Par rapport à l'histoire, j'ai donc expérimenté indirectement le bienfait d'un droit social acquis de hautes
luttes. Je n'ai jamais pensé que cela m'arriverait un jour, même si mon militantisme associatif et social m'amène régulièrement à rencontrer des situations de vie douloureuses. La peine
ici n'est pas dramatique, mais son introspection a été éprouvante. D'un point de vue psychologique, surtout pour une jeune fille, cette aventure devient une épreuve. Je l'appelle "aventure"
effectivement dans la mesure où lorsque j'avais demandé mon intégration à un collectif d'association de réduction des risques (drogues, IST, alcool...), je ne pensais pas que la prévention d'une
part et la réduction de risques par ailleurs, étaient en capacité de limiter autant de mésaventures. Mais après tout, chacun est libre de disposer de son corps et de choisir sa vie. Sauf qu'ici,
ce ne fut pas un choix, mais une conséquence subie.
Le Sphinx a donc croisé sa route et il lui a posé une question : " Quel est l'animal qui marche à quatre pattes
le matin, à deux à midi et à trois le soir ? ". Bien sûr, Oedipe seul a su répondre à celle-ci. Mon amie a donc échoué et ce qui était alors à l'intérieur de son corps, aurait pu
développer un être humain capable marcher à quatre pattes le matin, huit mois plus tard. Raisonnable et souhaitant profiter pleinement d'une jeunesse que certaines filles mineures pensent pouvoir
sacrifier en se déclarant mère, mon amie a donc fait une Interruption Volontaire de Grossesse. Cette expérience m'a marqué et le jour où elle m'avait déclaré sa grossesse en me demandant
de me rendre à ses côtés à l'hôpital, j'ai été étonné par mon calme olympien, sûrement dû à mon hébétement. Je n'ai pas tenu de discours moralisateur, ni compassionnel au regard des
causes de celle-ci. Elle s'en est bien sortie, elle pourra profiter de sa jeunesse grâce à une avancée sociale considérable que le mouvement féministe et la volonté d'émancipation sociale
de l'époque ont obtenu. Ailleurs, encore en Europe, mon amie aurait garder l'enfant car il ne s'agissait aucunement d'un viol. Que les Eglises nous épargnent donc leurs objurgations
moralisatrices et bien-pensantes.
Déconnectés des réalités sociales
Ma deuxième file d'attente se rattache aussi à la thématique de la santé, mais sous une autre forme, beaucoup
moins privée et beaucoup plus politisée. J'ai été prévenu un samedi après-midi d'une nouvelle énorme, que j'ai eu peine à en croire sa teneur. Je ne voyais pas pourquoi, une telle personnalité
venait en terre jurassienne, non pas que notre cadre de vie (paysages et produits) ne sont pas superbes, mais plutôt qu'électoralement les réserves y sont trop peu nombreuses. Pourtant, la
venue de Nicolas Sarkozy sur notre bassin de vie m'avait été annoncée par une source fiable quelques jours avant son arrivée surprise. Perplexe et soucieux, j'ai préféré en
avoir le cœur net. J'ai donc interrogé mon entourage politique pour savoir s'il avait des sources également. Il n'en avait pas. A ce moment, j'ai leur ai appris une nouvelle sans même
qu'ils ne m'aient cru. Pourtant, moins d'une semaine après l'annonce officieuse, le Chef de l'Etat visitait nos terres en compagnie des huiles locales, parlant politique de santé.
Santé publique ? Il a plutôt stigmatisé les malades en demandant une accentuation des sanctions envers les
citoyens en arrêt maladie ou bien annoncé la mise en place à l'entrée de chaque hôpital, du nombre de personnes qui y sont décédées. Bref, son parcours de santé dans le Jura était plutôt un
parcours médiatique éclair sans réel contenu politique. Le Sarko show est passé, et nous tous, l'avions déjà oublié le lendemain. Pourtant, une petite file d'attente s'était bien dessinée devant
la Mairie, d'un genre plutôt intéressé mais pas du tout panégyriste. Pour ma part, j'allais chercher mon pain, lorsque je suis passé devant ces quelques citoyens, en épiant les présents. J'ai
seulement vu que le nombre de CRS avec celui de journalistes était supérieur à celui des curieux : les préoccupations des français ne sont pas aux louanges sarkozystes et à l'apologie de la
politique du gouvernement actuel qui par des mesures à contre-courant, a accentué la Crise et les inégalités sociales et territoriales.
La boutique de Nicolas
Malgré la conjoncture et le désarroi populaire, je ne pense point qu'il faille se couper de moments
épicuriens avec toutes les personnes qui nous entourent. Je suis notamment retourné chez mon amie qui m'a offert le nu, que j'admire un peu plus chaque jour d'ailleurs. J'avais l'intention de
ne pas y aller les bras ballants, mais je voulais surtout marquer le coup par une bonne dégustation. Nous autres jurassiens, connaissons nos vins et les apprécions en majorité. Pourtant, il n'est
pas rare lorsque nous sommes reçus, d'apporter des crus venant d'autres terroirs. J'ai singé cet état de fait et je me suis permis d'apporter un Grand cru de Kitterlé, un gewurztraminer.
J'adore ce vin et il s'avère que mon amie également. Pour ma part, le nez d'un vin est toujours très important, il doit affirmer l'envie de le goûter. L'odeur d'une personne ou d'une chose est
toujours un repère sensible à mon égard. Au nez, ce vin était expressif et dévoilait une dominante d'arômes fruités et floraux : poires et exotisme. En bouche, il fut plutôt épicée et la
robe dorée avec des reflets verts, laissait chaque regard sur le verre en mouvement, attendri. Accompagné d'une tarte tatin, faite maison avec les fruits de ruraux du coin, des rainettes
grises, cet instant a été exceptionnel une nouvelle fois et les instants présents sont devenus très gais au fur et à mesure de la dégustation, sûrement provoqués par l'odeur enivrante d'une rose
de race Papa Meilland coupée pour l'occasion, que je recommande d'ailleurs à tous les amoureux, soucieux d'offrir une belle grosse rose rouge odorante à l'être aimé. (Pour les
jardiniers, je vous conseille même d'en planter un pied. En plus de ces dernières qualités, ce rosier est très productif, avec une croissance rapide.)
Cette bouteille, il m'aura quand même fallu patienter pour l'acheter, à cause d'un autre client. Sans jeter
l'anathème sur ces trousseaux "venus d'ailleurs", j'ai souri lorsque j'ai su que ce dernier commandait un vin provenant de Californie...
Fidèle à Castro
La Californie appelle souvent les âmes en exil, à des retrouvailles fortes et des moments épicuriens. C'est
une terre ensoleillée qui doit sûrement plaire aux cœurs latins, comme le mien. C'est une terre d'évasion qui me fera le plus grand bien. C'est une terre où je retrouverai un être
qui m'est cher comme un pierre précieuse brute. Celle que l'on regarde sans jamais se lasser pour connaître quelle facette lui siérait le mieux et qui devra donc un jour être travaillée pour
se parfaire et être révélée. Je m'en vais donc fouler la terre du pays qui a enfanté l'école néoclassique et les penseurs modernes de ce dogme économique, cause aujourd'hui de crispations
internationales, de la Crise que l'on attendait pas cette année si vite, si forte. Je ne suis pas inquiet, mon avion me mènera jusqu'aux Etats-Unis et atterrira en tout état de cause sur le sol
français à mon retour. Je suis plutôt circonspect et inquiet sur les matières qui seront produites à la suite de cette Crise historique qui était inéluctable, tant le système capitaliste
néolibéral s'était gangrené de l'intérieur et se dévorait lui-même en opposant plusieurs de ses branches (financière, économique, industrielle et entrepreneuriale), elles-mêmes aux antipodes
d'une construction sociale de la société. En réalité et dans l'expérience générale, ce modèle a plus accru les inégalités, les précarités, la pauvreté, l'exclusion, les pollutions, les famines et
le chômage que n'importe quels autres sytèmes et contextes historiques. Le néolibéralisme, allié à la force capitaliste était structuré sur le court terme pour permettre la promotion
individualiste au détriment de l'émancipation collective. Il a permis à des fortunes de s'enrichir toujours plus, mais aux peuples du monde entier, d'entrer en récession en ne sachant plus
ce que le progrès générationnel voulait signifier car l'élite globalisée dirigeait en vase clos, comme tout bourgeois de tradition affairiste et conservatrice évite de se fier à la parole
collective, en se reproduisant même pour maintenir ce système en place à leurs uniques faveurs. Nonobstant ces moments difficiles, il me semble que la jeunesse de ce monde devrait s'approprier ce
débat et ne pas laisser les pensées et les réflexions politiques sur les alternatives à
proposer, basées sur un modèle de développement durable écologiquement et socialement, entre les mains de leurs aînés seulement. Nous devons nous imposer, car la chute lente et incurable
du "modèle dominant" est arrivée et personne ne nous fera croire qu'il s'en remettra prochainement. Ses interactions avec l'économie réelle puis avec les politiques sociales se feront aussi
ressentir sévèrement, par le réglement d'une facture de pots cassés d'argentiers qui jouent encore avec les vies de citoyens, avec la regrettable complicité d'une partie de nos
représentants. A ce propos, je tiens à souligner lorsqu'il est nécessaire de trouver par des "économies" 1 milliard d'euros pour financer une politique sociale comme le RSA, nous patientons
pendant de longues semaines, dues à des palabres circonstancielles. Tandis que si une banque comme Dexia ou les PME se portent mal, respectivement 5 et 20 milliards d'euros sont trouvés en
quelques heures, sans le moindre débat, sans la moindre économie annoncée. Alors, l'antienne sur la faillite des comptes étatiques, des "trous" dans les finances publiques est a posteriori
caduque car elle ne ne contraint même pas l'application d'une politique d'austérité budgétaire qui lorgne sur les ressources des plus démunis et laisse la "cagnotte privée" et l'épargne
dormir tranquilles, tout en déchargeant sournoisement les plus aisés de tout facture d'imposition et de tout compte rendu à la société par la redistribution prioritaire des richesses
produites collectivement.
Dans ce cadre, il est évident que je me souviendrai de cet invraisemblable projet de quitter la France en périodes
troublées et d'élection présidentielle américaine. Toute cette année 2008 accroît son lot de richesses personnelles et d'apprentissage. Et puis, de toute façon, émettons la conjecture
suivante : si je suis dans l'incapacité de rentrer en France, est-ce un mal ? J'ai toujours voulu parcourir la planète pour rendre palpable l'altérité qui la recouvrait. Je sais toutefois
que les contraintes sont une condition à la liberté humaine et que chaque émancipation passe à travers leurs mailles.
Cette file d'attente n'était pas longue. Il y avait deux bureaux cette fois-là et une connaissance en cours
d'affaires. Dans ce lieu, j'y ai donc réservé vols et hôtels pour San Francisco et New York pour une aventure de plus de quinze jours dès la mi-décembre. J'y ai aussi réservé du
rêve en dirigeant des pensées scéniques vers le moment où seul le regard d'un homme, peut raconter toute une histoire et exprimer des désirs.
http://www.reveries-humanisme.com/article-22467222.htmlEphémère2008-09-18T00:41:41Z2008-09-02T22:43:00ZMarc-Henri Duvernethttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/19/63/61/DSC0.jpg" />
Je n'ai jamais aimé déballer ma vie et encore moins ma stricte intimité, mais je considère que d'une certaine manière, suivant mes
occupations et mes envies actuelles, je m'autorise cet excès narcissique dans la mesure où une partie de mes positions politiques et idéologiques sont reprises à différents endroits et sous divers supports.
Je ne voyais donc pas pourquoi je ferais double usage dans mes productions avec ce blog au risque de me répéter avec déplaisir. J'oriente donc ce blog vers des univers plus personnels et beaucoup
moins politiques qu'auparavant, en consacrant aussi une nouvelle rubrique photo "Goog time". Parce que pour ceux qui en doutaient, il y a bien une vie avant, pendant et après la politique,
aussi remplit soit-elle !
Néanmoins, les pensées idéologiques, les accents politiques et les regards en faveur de la diversité et de l'universalisme
continueront d'innerver les lignes que je posterai. En fait, au lieu de placarder mon blog de convictions publiques uniquement, j'exposerai aussi un autre regard sur ce monde qui me préoccupe en
n'enfilant pas exclusivement mon costume de militant et de responsable politique. Je prends du recul, je vis d'autres choses nécessaires. J'avais donc envie de changement sur ce blog et bien
commençons doucement.
Dans un premier temps, je souhaite vous parler de visites que j'effectue régulièrement chez une amie. Celle-ci n'est pas une amie
ordinaire pour un jeune homme comme moi. Je l'ai rencontré à travers la sphère politique et nous nous sommes bien entendus dès les premiers moments. De toute façon, c'est toujours comme cela
avec toutes les filles ou les dames, je m'entends bien dès les premiers instants avec elles, sauf exception majeure. Pourquoi donc ? Peut-être parce qu'elles sentent une prédisposition naturelle
à échanger simplement avec elles sur différents sujets ou bien simplement parce que certaines sont rassurées d'être en face d'un interlocuteur désintéressé par tout comportement audacieux
pour une autre offre qu'amicale et politique.
Cette amie aura bientôt soixante dix ans. Ce n'est donc pas une relation ordinaire, à mon âge et pour mon expérience. A son tour, elle en connait beaucoup sur les choses
courantes et au sujet de l'histoire locale. Je pense sincèrement apprendre à ses côtés lorsque nous parlons de tout sans distinction et toujours dans une totale simplicité. Nos échanges se
fondent sur une certaine réciprocité amicale qui marque clairement une égalité dans nos conversations et dans les points de vue discutés. Avec elle, je me sens bien et sa liberté de ton
m'encourage à lui donner des outils de jugements pour voir ce qu'elle pense de mes pratiques et mes ambitions.
Pourquoi me remplirais-je de bonheur et de savoir avec cette dame au delà d'échanges amicaux, des visistes épiques qu'elle reçoit en
ma présence (une autre histoire...), des tartes qu'elle me prépare accompagnées de vins sublimes,... ? Et bien, sa particularité est qu'elle aime les belles choses, en parler et les
exposer. Son univers est feutré et sa maison est remplie de meubles anciens, de collections, d'objets d'art, de bijoux, de peintures de la Renaissance ou du XXe, de quelques colifichets et de multiples autres objets qui suscitent
l'émerveillement par l'histoire qu'ils renferment.
L'esthète n'est pas celui qui bave devant un brillant, une belle voiture copié en série, une belle pierre ou un objet polis, il
est plutôt dans un idéal de temps et de travail artisanal que chacun de ses objets possèdent. Finement décoré, aménagé avec amour, cet univers est cossu et luxueux même si notre hôte n'a rien
d'un passé bourgeois et ne défend pas des positions conservatrices. Son monde d'antiquités, elle l'aime, s'y consacre avec passion, mais son raisonnement sur la vie et le monde est éloigné de
tout cet amas.
Effectivement et je la rejoins ici même, l'esthétisme au sens presque philosophique du terme n'empêche en rien la défense du progrès
social et la mise en mouvement de choses. Gare à celui qui tombe dans l'attachement indéfectible de ses biens et autres choses matérielles, celui-là s'égarerait dans les limbes
conservatrices et ne ferait profiter à personne des richesses qu'il "loue". J'appellerais presque cela une location en effet, une passation plutôt qu'une possession en tant que telle. En tout
cas, c'est mon point de vue qui marque davantage un éloignement sincère pour toute forme de conservatisme et d'accumulation de choses matérielles. La vérité n'est sûrement pas
là.
En ce sens, la passion des belles choses ne peut pas faire condamner quelqu'un pour impie à la cause socialiste par exemple, parce que
l'achat et la vente de tels objets permettent à des milliers d'artisans qui aiment leur métier et entretiennent ce savoir-faire, de vivre et perpétuer cette confection culturelle, véritable
patrimoine humain qui traverse les siècles par sa beauté et son génie. Beauté au sens où chaque objet garde l'âme de son créateur et son époque. Génie au sens où chaque objet de ce
rang est remarquable.
Ici, les pensées capitalistes et conservatrices n'ont donc pas d'emprise sur cet ordre-là. Le goût des belles choses n'est pas privé,
il est permis à chacun d'en rêver et de s'y consacrer même si détenir un objet de ce rang n'est effectivement pas donné à chaque citoyen : harpe Louis XVI, meubles Louis XV, vase de Rhodes,
livres anciens, boucle de ceinture de Maharajah en racine de rubis et autres trésors... Animé par une fibre idéaliste,
l'esthète veut connaître l'histoire d'un objet et remonter dans des époques et à travers des pays, il n'est pas simplement béat
devant l'art, il se cultive dans l'histoire de sa passion.
Mes visites régulières qui se poursuivent chez cette amie m'attendrissent et des moments simples s'y rattachent. Il y a peu de temps,
alors que nous parlions d'art (pas toujours pas politique !), je lui confiais ma passion pour les nus, surtout féminins, surtout peints : raffinés, sensuels et généreux. Pour ma part, au
delà de l'aspect inconscient très probablement qui interagit en moi, ils me fascinent souvent par la qualité du geste et l'élégance du travail effectué. De plus, la période antique, prolifique
pour ses arts, m'a toujours émerveillé par la qualité de vie et la liberté des mœurs qui y régnaient. Je dois aussi sûrement développer un sentiment d'attendrissement pour ses femmes mises
à nu.
Dernièrement, à mon grand étonnement et pour ma plus grande joie, elle m'arrêta alors que je partais. Elle m'informa qu'elle cherchait
quelque chose. Dubitatif, je ne pensais pas un instant du geste qu'elle allait faire. Elle sortit quelques peintures et estampes et s'arrêta sur l'une d'entre elles : un Nu. Féminin de
surcroît. Par un premier regard, il m'a tout de suite plu et la femme callipyge peinte, assise sur un marbre froid, illumine le tableau par des composantes chaudes. Mon amie m'a dit, "Mon
petit Marco, je te l'offre". Ahuri, je l'ai remercié en lui disant que c'était trop. Pourtant, faisant vivre cet objet et lui garantissant une autre histoire, elle m'a dit que cela lui
faisait plaisir. Ce geste pointe sûrement l'idéal esthétique qui rejoint d'ailleurs l'idéal humaniste, celui qui projette l'histoire de la société entière vers la diversité, la
connaissance et l’émancipation, en priorisant les plus démunis, les sans-voix, les sans-papiers et tous les autres par une solidarité immuable. En tout cas, n'empêchant pas la simplicité
et la sobriété, l'amour des belles choses ne se conserve pas, il se partage et donne d'émerveillement.
A ce propos, peut-être qu'un jour, je vous parlerai de Gendjim, un cheval de la rare race Akhal Teke, offert un jour à
Mitterrand...
http://www.reveries-humanisme.com/article-20993311.htmlRôle et identité2008-08-10T22:44:07Z2008-07-04T23:16:00ZMHDhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/19/63/61//tokia-theatre-14690.gif" />
Je perçois
régulièrement à différents niveaux, en différents endroits une catégorie d'élus qui tend à être représentative de son espèce. Je concède qu'une fois élu de la République, une fois que l'on choisi
de se porter candidat et que nos projets de vie s'y rattachent ou s'y confrontent, que nos fiertés s'exacerbent, autant en assumer la ligne directrice et garder l'honnêteté d'agir tel que nous
l'avions prévu devant l'ensemble des personnes qui nous ont fait confiance.
Bien sûr que le temps personnel chute et que les journées ne font que vingt quatre heures, mais dès lors que le cumul de différentes activités publiques contraint l'efficacité générale de notre
engagement et a fortiori d'un mandat (qui inclut lui-même des comptes à rendre à ceux qui nous ont investi), rien ne devient exceptionnel en soi, mais commence plutôt à illustrer une
routine dépeignant une mauvaise représentation politique.
Etre représentatif en démocratie durablement pour créer le changement progressiste, impose des choix de vie, une discipline politique, des sacrifices, de la sobriété et de la simplicité.
Pourtant, si tout ne se mêle et ne se confond pas au détriment de l'intérêt général et d'une vision impliquée de la réalité sociale, devenir un enième baron, plus commode et tout aussi ordinaire
que les autres est moins une force que le fait de vouloir prendre le temps de faire éclore de nouvelles générations, de prendre le risque de la confrontation et de l'émulation sur un
territoire. La démocratie ne vivant plus, ne progressant pas. Celle-ci n'est pas un risque, elle est une chance et une valeur à promouvoir largement avec courage et passion. En effet,
j'aimerais rappeler que nous ne sommes que des outils à son service et que l'histoire se construit collectivement. Nous avons tous des rôles, mais nous ne sommes en aucun cas ces rôles.
Notre être est ailleurs. Ces rôles ont été à d'autres générations et passeront encore entre de nouvelles mains, c'est pourquoi en substance, ils ne déterminent pas ce que nous sommes
réellement autant qu'ils ne nous caractérisent pas fondamentalement.
Ce qui est jouissif en fait en société, pour n'importe quel rôle joué à tous les niveaux de l'échelle des contingences, partant du principe qu'une hypothétique disparation de la plus grande
d'entre elles n'éreinte jamais un système entièrement, c'est que l'individualisme ne trouve pas son bonheur lui-même et ne fonde jamais sa réussite sur son unique phénomène agissant. En effet, il
est ficelé à un champ global d'interactions physiques et sociales qui justifie tous les efforts redistributif et solidaire, points de départ pour les émancipations individuelle et collective.
Malgré tout, des individualités issues du monde politique auquel j'appartiens se croient parfois indispensables,
incontournables, forgeant même leurs identité et personnalité par rapport à la chose publique. Toutefois, il est évident qu'il faut toujours avoir à l'esprit en gardant pied à
terre, que nous sommes aussi contingents et que notre vérité, et notre liberté sont à chercher dans d'autres sphères. Alors, redescendons tous au coeur de la réalité
sociale car l'histoire après nous, s'élèvera encore dans ses tourments et ses libertés conquises. C'est pourquoi, ici, l'unité de la contingence illumine la valeur d'égalité en rappelant que
chaque différence a vocation à avoir les mêmes chances d'émancipation quel que soit le rôle que l'on détient, car seules comptent pour nos proches et notre âme, les valeurs fondamentales qui
sont en nous, soit celles qui fondent notre intimité. La raison commune implique bien la pratique citoyenne et le soucis politique, mais ne doit enlever aucunement la conscience de cette situation, car nos rôles respectifs ne
sont que des paramètres sociaux extérieurs à nos êtres. L'existence précède sûrement l'essence, et les convictions ne sont donc vraies que si des hommes conscients de ce rapport y
déterminent leurs actions.
http://www.reveries-humanisme.com/article-19407397.htmlMobilisés2008-05-19T00:44:54Z2008-05-08T23:43:00ZMarc-Henri Duvernethttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/19/63/61//espoir.jpg" />
Si j'avais pu fêter en
grandes pompes le deuxième anniversaire du mouvement Stop-CPE et donc celui de mon investissement dans ce mouvement social qui m'aura beaucoup apporté, je l'aurais fait évidemment dignement, en y
mettant les moyens nécessaires pour se souvenir du temps où les choses vibraient derrière les appels, se galvanisaient derrière les paroles et réussissaient à gagner l'esprit et le coeur de la
jeune génération et du peuple français en général par l'idéologie en mouvement. L'idéologie au coeur de la gauche, l'idéologie au coeur du progrès.
Cet anniversaire est passé de quelques semaines déjà, mais un mois plus tard, les lycéens l'honorent quand même en se mettant en mouvement contre les attaques programmées de leurs enseignements
et leurs perspectives d'avenir au sein d'une société qui délaisse les choses pensantes et le souci de la connaissance universaliste. Bien plus que cela, à chaque nouveau budget élaboré par le
gouvernement conservateur UMP, la suppression de dizaines de milliers de postes dans l'Education nationale aggrave les conditions d'études et d'enseignement au sein de cette structure
envers laquelle pourtant toutes les attentions doivent se porter. Faire des économies est une chose crédible lorsque le pays se porte bien et que les foyers les plus modestes retrouvent confiance
en l'avenir, il n'empêche que ce genre de manœuvres politiques trouvent écho dans l'idéologie la plus détestable, celle qui veut fracasser un système de l'intérieur pour ensuite clamer son
ineffacicaté et sa désuétude. Méthodiquement pervers donc et très peu honnête.
Qu'attendre de plus de la droite ?
Déjà fébrile par un bilan qui l'accable devant le plus grand nombre, la droite la plus bête du monde est peut-être de retour, espérons alors qu'une gauche unie et porteuse d'alternatives fortes
sera présente et regagnera la confiance de ses électeurs.
Défendre les plus démunis, l'idéal d'une République sociale et d'un monde écologiste dans une société plus sûre, plus libre et toujours plus fraternelle, face à un ordre établi néolibéral et
capitaliste qui divise et opprime, tel doit être le programme idéologique à tenir pour politiser la société, orienter la politique, rendre lisible le clivage essentiel entre la gauche et la
droite et donc s'attirer les chances de victoire de nos valeurs.
Comment ne pas rester mobilisés devant l'injustice sociale ?
C'est sans doute à la vue de l'injustice sociale, que je suis le plus révolté et que je sais pourquoi j'offre une partie de mon temps à la collectivité, dans divers engagements associatifs et
politiques. Il en est un qui me tient particulièrement à coeur et auquel je suis sensible. J'aimerais vous le faire partager.
Dans l'engagement associatif, la réalité sociale s'offre à nous et c'est justement ici que la jonction des principes intellectuels se fait avec l'instrument politique. En effet, même si les
associations deviennent une grande délégation étatique, elles sont quand même un salutaire palliatif contre les inégalités sociales et la misère contemporaine. Elles sont nécessaires plus que
tout. En conséquence, je ne conçois donc pas de ne pas militer pour l'humain et la défense de notre environnement alors que j'exerce une activité politique poussée. Se couper de cette réalité,
c'est sûrement déjà s'enfermer dans des principes galvaudés, trop représentatifs et pas assez participatifs.
Je sais que la démocratie est représentative avant tout et je défends cette conception démocratique, il n'empêche que le temps citoyen doit allier engagement politique et associatif, au risque au
contraire de se décharger de la capacité d'analyser à fond une situation et d'y répondre efficacement au nom de ceux qui nous ont fait confiance.
Laisser agir les experts est une chose, dans le cadre d'une démocratie participative, mais se frotter à eux et les accompagner à la mesure de nos passions et occupations en est une autre bien
plus utile.
C'est donc dans ce cadre que j'accompagne deux fois par semaine des jeunes élèves de primaire dans leur scolarité au sein d'une association et sous l'égide d'une maison de quartier, au sein coeur
d'une Zone Urbaine Sensible. Et bien croyez-moi, tout ce que l'on donne, on le reçoit en puissance.
L'enfant a cette capacité spontanée de vous faire passer un message et des émotions plus que n'importe quel autre être. L'aider, l'accompagner dans ses besoins éducatifs et donc prendre le temps
de lui redonner confiance en lui, sont des moments intenses et épanouissants.
Il n'empêche comme partout, les associations ont de plus en plus de mal à trouver des bénévoles (qui vieillissent souvent), des salariés à qui donner des garanties professionnelles durables et
donc des perspectives d'avenir encore meilleures pour l'association ; pourtant dans un contexte de besoins de plus en plus criants. Chaque année le nombre d'élèves suivant cet accompagnement à la
scolarité augmente (en primaire et secondaire), chaque année la demande d'accroît dans un pays où l'on supprime pourtant des postes à grande échelle dans la fonction publique alors que nous en
avons prioritairement besoin. Alors bon, le gouvernement conservateur souhaite privatiser et ainsi déléguer aux bénévoles des tâches qui ne devrait pas leur incomber.
Dans notre cas, il faudrait bien un adulte pour chaque enfant en difficulté pour que les résultats soient encore meilleurs, mais cela est impossible. En ce sens, je peine donc à imaginer un
professeur seul devant une classe d'enfants en difficulté scolaire à plus de vingt. Cette personne ne peut pas correctement exercer son travail et apporter tout son sacerdoce à ces mômes.
Pourtant bien plus qu'un enseignement et un encadrement, ces enfants ont besoin aussi d'affection, de témoignages d'intérêts et de perpétuels sollicitations. Certains sont nés hors de notre
territoire et sont en grande difficulté, d'autres ne peuvent pas bien parler le français et l'exercer à la maison avec des proches le comprenant mal. Toutes ces situations de vie marquent les
gosses et les différentes structures qui devraient intervenir (sans compter les salariés et bénévoles) pour accompagner jusqu'à leur émancipation ces foyers, sont multiples et bien trop
nombreuses face à une réalité qui les restreint déjà.
Alors ces familles vivent des troubles et connaissent souvent des violences par ces manques sociaux et intellectuels que notre société n'arrive plus à combler.
Cependant, ces associations sont du bonheur à l'état pur et une atmosphère optimiste, gaie et combattante y règne entre ses membres et avec ceux qui en bénéficient. Certains enfants sont aussi
épanouis et parviennent à réussir dans leur choix, qui ne sont pas restreints mais bien émancipés.
Consacrer du temps aux autres sans s'oublier soi-même, et bien sûr poursuivre un combat politique assidu et exigeant qui répond à ce genre de problématiques, sont quelques-unes des mes ressources
de vie qui entretiennent chez moi l'espoir idéaliste.
http://www.reveries-humanisme.com/article-18359450.htmlSpring2008-04-07T23:00:04Z2008-04-01T20:00:00ZMarc-Henri Duvernethttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/19/63/61//ACS1-copie-1.jpg" />
Crocus déjà fanés, forsythias en cours de décrépitude, primevères persistantes, morilles fraîches, tulipes en fleuraison, rosée
matinale sur les vignes jurassiennes, lilas bourgeonnant, timides reflets du soleil à la surface du Doubs, la saison qui survient ne me laisse jamais insensible tant les couleurs, les
rencontres humaines et les joies personnelles y sont différentes et nombreuses. Cela n'est sûrement pas une vérité générale qui s'applique d'une année à l'autre, mais ce parfum printanier est
réjouissant. En fait, dans mes pérégrinations, mes relations amicales, mes nouvelles rencontres, mes projets personnels et publics, je crois que je suis épanoui. J'aborde l'avenir avec
sérénité, toujours avec circonspection et réflexion, mais surtout avec ardeur et détermination.
Côté politique, vous n'êtes pas sans savoir que la fin des élections appelle d'autres échéances, d'autres combats à porter avec
toujours la même envie et l'exigence du travail bien fait. Néanmoins, la victoire de la gauche lors des dernières élections n'ôte pas le manque de visibilité, de clarté à notre famille
politique et à son projet dont elle a l'impérieuse nécessité de créer. Chaque étape d'un parcours politique laisse de côté certains, mais en qualifie d'autres. C'est un peu ce que l'on doit
retenir des semaines écoulées où à différentes échelles, locale ou nationale, les ambitions creusent leur sillon.
Alors le temps du Congrès est venu. Ce magnifique instrument politique, cet outil idéologique constitue l'aventure à vivre au sein
de la famille socialiste. Ce moment est particulier pour chaque projet de fond que les uns et les autres proposeront. En tout cas, il part souvent d'un constat simple et militant. Celui qui par
ses convictions profondes s'est engagé à défendre au delà de son propre parti, son idéal humaniste dans différentes structures et instances associatives, celui qui aura travaillé à rassembler
les militants autour d'un projet dynamique pour la gauche, celui-là pourra alors rassembler notre parti et rendre concret un projet socialiste fort de ses bases historiques. Exigeant,
travailleur, éloquent et plein d'humanisme, j'ai ma préférence pour désigner la tête de notre parti. Toutefois, rien ne sert de courir car il sera nécessaire d'être solide dans le message
politique annoncé en martelant que la force de nos valeurs réside dans ce que le socialisme a toujours été, un combat fraternel pour la liberté, pour l'émancipation de l'humanité, contre les
discriminations en tout genre et pour l'égalité des droits.
En ce sens, je défendrai inlassablement nos "espérances révolutionnaires" comme objectif de principe, celui qui reste bien pour
moi le socle idéologique de tout militant socialiste pour l'idéal qu'il tend à construire dans l'Histoire. Etre révolutionnaire dans les desseins, le dire, le clamer, c'est le rester à
jamais. C'est ainsi que je m'inscris dans cette démarche et cet exercice passionné qui ne tiennent qu'à deux choses simples : le travail et la présence militante.
http://www.reveries-humanisme.com/article-17852962.htmlLet's go !2008-05-14T23:45:14Z2008-03-18T21:47:00ZMarc-Henri Duvernethttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/19/63/61/campagnes--lectorales/IMG_1138.JPG" />
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Avec le nouveau Conseiller général de Lons SUD et sa cravate
Il est vrai qu'à la suite du 1er tour de l'élection municipale, la gaieté au sein de notre équipe de campagne n'était vraiment pas au
rendez-vous.
Le Président de l'Association des Maires de France et Député-Maire UMP de Lons malgré la bonne progression de la gauche au niveau
national, est repassé dès le 1er tour dans la ville-préfecture du Jura. Ce baron local qui a ficelé l'ensemble des instances lédoniennes et communautaires est bien la marque, l'identité de notre
ville qui manque pourtant à celle-ci. Pélissard est dans l'inconscient collectif de notre cité, il est fort, implanté et autour de sa personne une évidente dépolitisation du vote survient à
chaque fois. De droite ou de gauche, mais surtout âgées, preuve déplorable du conservatisme et du vieillissement de notre territoire, ce sont ces personnes qui votent pour lui en majorité. Même
si la force de notre campagne et de notre projet était reconnus, les lédoniens ont choisi leur avenir municipal dans cet homme, qu'il en soit ainsi.
Par ailleurs, le faible taux de participation dans les quartiers populaires (notamment Zones Urbaines Sensibles), malgré le travail
incessant de notre camp pour l'avenir et l'émancipation de ceux-ci n'aura pas suffi. En effet, lorsque plus de 15 points de taux de participation séparent les bureaux de vote de ces quartiers
avec ceux du centre ville et des quartiers résidentiels, l'élection est jouée en faveur des classes aisées et bourgeoises et de leurs premiers représentants : la droite UMP.
Parce que nous l'oublions trop souvent, mais régulièrement nous observons une tendance de fond qui pointe la défense des acquis
bourgeois par un vote participatif, clair et orienté en faveur de la droite. Que ce soit à l'IUMM ou en province, les premiers à défendre leurs intérêts privés et matériels sont bien les plus
aisés, qui pratiquent assidûment une espèce de contre-révolution sociale ou lutte des classes... Même si ailleurs, il paraît que certains d'entre eux se boboisent, ici ce vent politique (qui
n'est pas durable) n'a pas encore soufflé...
Sur le terrain, durant ces dernières semaines de campagne, la faible mobilisation notamment de notre électorat se traduisait par une
évidente déconsidération de la population vis à vis de la chose publique, quasiment dans la résignation. Effectivement, plus d'une fois j'ai entendu des propos confondant la droite et la gauche
et plaçant leurs élus sur un même pied d'égalité, le tout dans une atmosphère de renoncement, de perte d'espoir pour le changement véritable. Alors bien sûr, ici nous subissons de plein fouet les
aléas nationaux médiatiques de nos personnages publiques qui ne sont pas des atouts pour une crédibilité durable de nos actions.
De surcroît, cette résignation s'accompagne souvent d'une déculturation politique, d'une perte d'éveil critique et de la pensée
républicaine de nos citoyens. Ayant parcouru des kilomètres, frappé des milliers de portes et rencontré beaucoup de personnes, je vous assure vraiment de ce constat édifiant qui m'inquiète
d'ailleurs pour l'avenir de notre camp. En effet, si nous considérons que la gauche est fondée d'esprit critique, de valeurs humaines profondes et de convictions sociétales permanentes, alors si
la classe politique est indifférenciée, les idéologies et les principes que nous portons (origines de la liberté et de toute vie intellectuelle) n'auront plus lieu d'être et notre identité, puis
donc notre existence en seront menacées. C'est pourquoi j'insiste profondément sur cet aspect culturel des choses politiques en demandant l'exemplarité à nos élus nationaux qui sont les plus
influents d'entre nous, pour qu'ils redorent le clivage gauche-droite et l'éducation populaire, cœur de la liberté politique et d'un fonctionnement démocratique réel.
Je sais que les temps modernes et capitalistes aliènent et abêtissent les consciences en les individualisant et en leur faisant perdre
leurs repères collectifs au profit d'identités financières, formelles et matérialistes. Il n'empêche que face à ce manque dramatique de réflexion en profondeur et ce désintéressement général du
politique, nous devons résister et encore nous battre contre cette conscience contemporaine pernicieuse, celle qui a honte de ne pas posséder ce que d'autres ont déjà...
Alors suis-je pour autant abattu, moi-même résigné ?
Non, plus que jamais je suis actif et heureux de l'avoir été pour la gauche et pour Christophe PERNY en tant que directeur de
campagne. Parce qu'en effet, les élections cantonales avaient aussi lieu ces derniers mois.
Ici, après 20 années de défaite de notre camp, le canton de Lons SUD (plus de la moitié de la ville de Lons-le-Saunier) est passé à
gauche. Notre campagne de proximité, l'absence de la personnalité Pélissard synonyme de mobilisation victorieuse, la qualité et la combativité de notre candidat et enfin, évidemment notre équipe
militante soudée, ont pu réaliser ensemble l'inespéré sur un territoire verrouillé par la droite UMP depuis trop longtemps. En conséquence, de nouvelles perspectives s'ouvrent, un nouveau porte
parole est en scelle sur notre territoire, il sera donc le relais des aspirations sociales, démocratiques et associatives de notre département. Je travaille à ses côtés, je continuerai d'être
loyal avec mes convictions et de porter une démarche politique et idéologique au plus près des préoccupations lédoniennes.
Pour tous les espoirs levés, pour toutes les marques de gratitude ou d'affection témoignées, je veux remercier ici l'ensemble des
personnes qui ont permis cette réussite qui fait d'ores et déjà prendre un virage politique à notre bassin de vie. Cette victoire est une récompense bien méritée qui nous redonne à tous un espoir
sans précédent avec notre nouveau Conseiller général Christophe PERNY.
Ailleurs, le Jura se transforme aussi avec la première ville de notre département, Dole, qui repasse à gauche après 20 ans et qui
renforce donc l'assise de notre camp sur ce bout de territoire qui devra décrocher maintenant la communauté d'agglomération, la circonscription et juste avant, le siège du sénateur Barbier, Maire
sortant perdant.
La gauche locale progresse fortement donc, elle gagne aussi la ville de St-Claude et reprend 4 sièges à la droite (en perd toutefois
un) ce qui porte le rapport de force départemental à une valeur nulle puisque qu'égalitaire. C'est pourquoi, suivant les tractations en cours, nous devrions aboutir à l'obtention par la gauche au
moins de plusieurs Vice-Présidences avec comme Président le doyen d'âge. J'assiste de près aux négociations et je peux vous dire qu'à la suite d'une annecdote cocace mais intéressante que j'ai pu
suivre, que la droite et ses hauts représentants ne sont ni rassurés, ni confiants de garder à eux-seuls la gestion du département, même si celle-ci sera fébrile jusqu'aux prochaines cantonales.
Cette claque en bonne et due forme est la conséquence d'un travail de fond acharné par des centaines de femmes et d'hommes de gauche animés par un idéal républicain fort, qui se sont battus face
à une droite trop confiante parce qu'installée depuis fort longtemps.
Alors comment ne pas parler de débandade à droite ? Comment ne pas suggérer aussi l'union des forces de gauche sur la durée pour
amplifier ce phénomène local en continuant le travail passionné que nous avons entrepris ?
Le début de la reconquête de notre territoire par la gauche, ce nouveau contre-pouvoir local qui s'installe enfin et ces nouvelles
voix progressistes présentes, me font espérer pour le Jura et nos ambitions, un avenir meilleur.
http://www.reveries-humanisme.com/article-16513964.htmlMemento2008-02-10T20:50:05Z2008-02-10T20:24:00ZMarc-Henri Duvernethttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-36961.html
Savoir contredire. - Chacun sait maintenant que c'est un signe de haute culture que de savoir supporter la contradiction. Quelques-uns savent
même que l'homme supérieur désire et provoque la contradiction pour avoir sur sa propre injustice des indications qui lui étaient demeurées inconnues jusqu'alors. Mais savoir
contredire, le sentiment de la bonne conscience dans l'hostilité contre ce qui est habituel, traditionnel et sacré, - c'est là, plus que le reste, ce que notre culture possède de
vraiment grand, de nouveau et de surprenant, c'est le progrès par excellence de tous les esprits libérés : qui donc le sait?
Pourquoi nous semblons être des épicuriens. - Nous sommes prudents nous autres hommes modernes, prudents à l'égard des dernières convictions; notre méfiance se tient aux aguets
contre les ensorcellements et les duperies de conscience qu'il y a dans toute forte croyance, dans tout oui ou non absolu : comment expliquer cela? Peut-être faut-il y
voir, pour une bonne part, la circonspection de l'enfant qui s'est brûlé, de l'idéaliste désabusé, mais pour une autre et meilleure part la curiosité, pleine d'allégresse, de celui qui
autrefois collé à son coin jusqu'à en être exaspéré, s'enivre et s'exalte maintenant dans l'illimité, 1' « ouvert absolu ». Une tendance, presque épicurienne, de chercher la
connaissance, se développe ainsi, une tendance qui ne laisse pas échapper facilement le caractère incertain des choses; de même une antipathie contre les grandes phrases et les attitudes
morales, un goût qui refuse tous les contrastes lourds et grossiers et qui a conscience, avec fierté, de son habitude des réserves. Car c'est cela qui fait notre orgueil, cette
légère tension des guides, tandis que notre impétueux besoin de certitude nous pousse en avant, l'empire que, dans ses courses les plus sauvages, le cavalier a sur lui-même : car, avant
comme après, nous montons les bêtes les plus fougueuses, et si nous hésitons, c'est le danger moins que toute autre chose qui nous fait hésiter...
Nietzsche
Le Gai Savoir