Si j'avais pu fêter en
grandes pompes le deuxième anniversaire du mouvement Stop-CPE et donc celui de mon investissement dans ce mouvement social qui m'aura beaucoup apporté, je l'aurais fait évidemment dignement, en y
mettant les moyens nécessaires pour se souvenir du temps où les choses vibraient derrière les appels, se galvanisaient derrière les paroles et réussissaient à gagner l'esprit et le coeur de la
jeune génération et du peuple français en général par l'idéologie en mouvement. L'idéologie au coeur de la gauche, l'idéologie au coeur du progrès.
Cet anniversaire est passé de quelques semaines déjà, mais un mois plus tard, les lycéens l'honorent quand même en se mettant en mouvement contre les attaques programmées de leurs enseignements
et leurs perspectives d'avenir au sein d'une société qui délaisse les choses pensantes et le souci de la connaissance universaliste. Bien plus que cela, à chaque nouveau budget élaboré par le
gouvernement conservateur UMP, la suppression de dizaines de milliers de postes dans l'Education nationale aggrave les conditions d'études et d'enseignement au sein de cette structure
envers laquelle pourtant toutes les attentions doivent se porter. Faire des économies est une chose crédible lorsque le pays se porte bien et que les foyers les plus modestes retrouvent confiance
en l'avenir, il n'empêche que ce genre de manœuvres politiques trouvent écho dans l'idéologie la plus détestable, celle qui veut fracasser un système de l'intérieur pour ensuite clamer son
ineffacicaté et sa désuétude. Méthodiquement pervers donc et très peu honnête.
Qu'attendre de plus de la droite ?
Déjà fébrile par un bilan qui l'accable devant le plus grand nombre, la droite la plus bête du monde est peut-être de retour, espérons alors qu'une gauche unie et porteuse d'alternatives fortes
sera présente et regagnera la confiance de ses électeurs.
Défendre les plus démunis, l'idéal d'une République sociale et d'un monde écologiste dans une société plus sûre, plus libre et toujours plus fraternelle, face à un ordre établi néolibéral et
capitaliste qui divise et opprime, tel doit être le programme idéologique à tenir pour politiser la société, orienter la politique, rendre lisible le clivage essentiel entre la gauche et la
droite et donc s'attirer les chances de victoire de nos valeurs.
Comment ne pas rester mobilisés devant l'injustice sociale ?
C'est sans doute à la vue de l'injustice sociale, que je suis le plus révolté et que je sais pourquoi j'offre une partie de mon temps à la collectivité, dans divers engagements associatifs et
politiques. Il en est un qui me tient particulièrement à coeur et auquel je suis sensible. J'aimerais vous le faire partager.
Dans l'engagement associatif, la réalité sociale s'offre à nous et c'est justement ici que la jonction des principes intellectuels se fait avec l'instrument politique. En effet, même si les
associations deviennent une grande délégation étatique, elles sont quand même un salutaire palliatif contre les inégalités sociales et la misère contemporaine. Elles sont nécessaires plus que
tout. En conséquence, je ne conçois donc pas de ne pas militer pour l'humain et la défense de notre environnement alors que j'exerce une activité politique poussée. Se couper de cette réalité,
c'est sûrement déjà s'enfermer dans des principes galvaudés, trop représentatifs et pas assez participatifs.
Je sais que la démocratie est représentative avant tout et je défends cette conception démocratique, il n'empêche que le temps citoyen doit allier engagement politique et associatif, au risque au
contraire de se décharger de la capacité d'analyser à fond une situation et d'y répondre efficacement au nom de ceux qui nous ont fait confiance.
Laisser agir les experts est une chose, dans le cadre d'une démocratie participative, mais se frotter à eux et les accompagner à la mesure de nos passions et occupations en est une autre bien
plus utile.
C'est donc dans ce cadre que j'accompagne deux fois par semaine des jeunes élèves de primaire dans leur scolarité au sein d'une association et sous l'égide d'une maison de quartier, au sein coeur
d'une Zone Urbaine Sensible. Et bien croyez-moi, tout ce que l'on donne, on le reçoit en puissance.
L'enfant a cette capacité spontanée de vous faire passer un message et des émotions plus que n'importe quel autre être. L'aider, l'accompagner dans ses besoins éducatifs et donc prendre le temps
de lui redonner confiance en lui, sont des moments intenses et épanouissants.
Il n'empêche comme partout, les associations ont de plus en plus de mal à trouver des bénévoles (qui vieillissent souvent), des salariés à qui donner des garanties professionnelles durables et
donc des perspectives d'avenir encore meilleures pour l'association ; pourtant dans un contexte de besoins de plus en plus criants. Chaque année le nombre d'élèves suivant cet accompagnement à la
scolarité augmente (en primaire et secondaire), chaque année la demande d'accroît dans un pays où l'on supprime pourtant des postes à grande échelle dans la fonction publique alors que nous en
avons prioritairement besoin. Alors bon, le gouvernement conservateur souhaite privatiser et ainsi déléguer aux bénévoles des tâches qui ne devrait pas leur incomber.
Dans notre cas, il faudrait bien un adulte pour chaque enfant en difficulté pour que les résultats soient encore meilleurs, mais cela est impossible. En ce sens, je peine donc à imaginer un
professeur seul devant une classe d'enfants en difficulté scolaire à plus de vingt. Cette personne ne peut pas correctement exercer son travail et apporter tout son sacerdoce à ces mômes.
Pourtant bien plus qu'un enseignement et un encadrement, ces enfants ont besoin aussi d'affection, de témoignages d'intérêts et de perpétuels sollicitations. Certains sont nés hors de notre
territoire et sont en grande difficulté, d'autres ne peuvent pas bien parler le français et l'exercer à la maison avec des proches le comprenant mal. Toutes ces situations de vie marquent les
gosses et les différentes structures qui devraient intervenir (sans compter les salariés et bénévoles) pour accompagner jusqu'à leur émancipation ces foyers, sont multiples et bien trop
nombreuses face à une réalité qui les restreint déjà.
Alors ces familles vivent des troubles et connaissent souvent des violences par ces manques sociaux et intellectuels que notre société n'arrive plus à combler.
Cependant, ces associations sont du bonheur à l'état pur et une atmosphère optimiste, gaie et combattante y règne entre ses membres et avec ceux qui en bénéficient. Certains enfants sont aussi
épanouis et parviennent à réussir dans leur choix, qui ne sont pas restreints mais bien émancipés.
Consacrer du temps aux autres sans s'oublier soi-même, et bien sûr poursuivre un combat politique assidu et exigeant qui répond à ce genre de problématiques, sont quelques-unes des mes ressources
de vie qui entretiennent chez moi l'espoir idéaliste.
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Vous verrez, c’est plutôt le genre « convivial », ici.
Charles Dubruel.
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