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Avec le nouveau Conseiller général de Lons SUD et sa cravate
Il est vrai qu'à la suite du 1er tour de l'élection municipale, la gaieté au sein de notre équipe de campagne n'était vraiment pas au
rendez-vous.
Le Président de l'Association des Maires de France et Député-Maire UMP de Lons malgré la bonne progression de la gauche au niveau
national, est repassé dès le 1er tour dans la ville-préfecture du Jura. Ce baron local qui a ficelé l'ensemble des instances lédoniennes et communautaires est bien la marque, l'identité de notre
ville qui manque pourtant à celle-ci. Pélissard est dans l'inconscient collectif de notre cité, il est fort, implanté et autour de sa personne une évidente dépolitisation du vote survient à
chaque fois. De droite ou de gauche, mais surtout âgées, preuve déplorable du conservatisme et du vieillissement de notre territoire, ce sont ces personnes qui votent pour lui en majorité. Même
si la force de notre campagne et de notre projet était reconnus, les lédoniens ont choisi leur avenir municipal dans cet homme, qu'il en soit ainsi.
Par ailleurs, le faible taux de participation dans les quartiers populaires (notamment Zones Urbaines Sensibles), malgré le travail
incessant de notre camp pour l'avenir et l'émancipation de ceux-ci n'aura pas suffi. En effet, lorsque plus de 15 points de taux de participation séparent les bureaux de vote de ces quartiers
avec ceux du centre ville et des quartiers résidentiels, l'élection est jouée en faveur des classes aisées et bourgeoises et de leurs premiers représentants : la droite UMP.
Parce que nous l'oublions trop souvent, mais régulièrement nous observons une tendance de fond qui pointe la défense des acquis
bourgeois par un vote participatif, clair et orienté en faveur de la droite. Que ce soit à l'IUMM ou en province, les premiers à défendre leurs intérêts privés et matériels sont bien les plus
aisés, qui pratiquent assidûment une espèce de contre-révolution sociale ou lutte des classes... Même si ailleurs, il paraît que certains d'entre eux se boboisent, ici ce vent politique (qui
n'est pas durable) n'a pas encore soufflé...
Sur le terrain, durant ces dernières semaines de campagne, la faible mobilisation notamment de notre électorat se traduisait par une
évidente déconsidération de la population vis à vis de la chose publique, quasiment dans la résignation. Effectivement, plus d'une fois j'ai entendu des propos confondant la droite et la gauche
et plaçant leurs élus sur un même pied d'égalité, le tout dans une atmosphère de renoncement, de perte d'espoir pour le changement véritable. Alors bien sûr, ici nous subissons de plein fouet les
aléas nationaux médiatiques de nos personnages publiques qui ne sont pas des atouts pour une crédibilité durable de nos actions.
De surcroît, cette résignation s'accompagne souvent d'une déculturation politique, d'une perte d'éveil critique et de la pensée
républicaine de nos citoyens. Ayant parcouru des kilomètres, frappé des milliers de portes et rencontré beaucoup de personnes, je vous assure vraiment de ce constat édifiant qui m'inquiète
d'ailleurs pour l'avenir de notre camp. En effet, si nous considérons que la gauche est fondée d'esprit critique, de valeurs humaines profondes et de convictions sociétales permanentes, alors si
la classe politique est indifférenciée, les idéologies et les principes que nous portons (origines de la liberté et de toute vie intellectuelle) n'auront plus lieu d'être et notre identité, puis
donc notre existence en seront menacées. C'est pourquoi j'insiste profondément sur cet aspect culturel des choses politiques en demandant l'exemplarité à nos élus nationaux qui sont les plus
influents d'entre nous, pour qu'ils redorent le clivage gauche-droite et l'éducation populaire, cœur de la liberté politique et d'un fonctionnement démocratique réel.
Je sais que les temps modernes et capitalistes aliènent et abêtissent les consciences en les individualisant et en leur faisant perdre
leurs repères collectifs au profit d'identités financières, formelles et matérialistes. Il n'empêche que face à ce manque dramatique de réflexion en profondeur et ce désintéressement général du
politique, nous devons résister et encore nous battre contre cette conscience contemporaine pernicieuse, celle qui a honte de ne pas posséder ce que d'autres ont déjà...
Alors suis-je pour autant abattu, moi-même résigné ?
Non, plus que jamais je suis actif et heureux de l'avoir été pour la gauche et pour Christophe PERNY en tant que directeur de
campagne. Parce qu'en effet, les élections cantonales avaient aussi lieu ces derniers mois.
Ici, après 20 années de défaite de notre camp, le canton de Lons SUD (plus de la moitié de la ville de Lons-le-Saunier) est passé à
gauche. Notre campagne de proximité, l'absence de la personnalité Pélissard synonyme de mobilisation victorieuse, la qualité et la combativité de notre candidat et enfin, évidemment notre équipe
militante soudée, ont pu réaliser ensemble l'inespéré sur un territoire verrouillé par la droite UMP depuis trop longtemps. En conséquence, de nouvelles perspectives s'ouvrent, un nouveau porte
parole est en scelle sur notre territoire, il sera donc le relais des aspirations sociales, démocratiques et associatives de notre département. Je travaille à ses côtés, je continuerai d'être
loyal avec mes convictions et de porter une démarche politique et idéologique au plus près des préoccupations lédoniennes.
Pour tous les espoirs levés, pour toutes les marques de gratitude ou d'affection témoignées, je veux remercier ici l'ensemble des
personnes qui ont permis cette réussite qui fait d'ores et déjà prendre un virage politique à notre bassin de vie. Cette victoire est une récompense bien méritée qui nous redonne à tous un espoir
sans précédent avec notre nouveau Conseiller général Christophe PERNY.
Ailleurs, le Jura se transforme aussi avec la première ville de notre département, Dole, qui repasse à gauche après 20 ans et qui
renforce donc l'assise de notre camp sur ce bout de territoire qui devra décrocher maintenant la communauté d'agglomération, la circonscription et juste avant, le siège du sénateur Barbier, Maire
sortant perdant.
La gauche locale progresse fortement donc, elle gagne aussi la ville de St-Claude et reprend 4 sièges à la droite (en perd toutefois
un) ce qui porte le rapport de force départemental à une valeur nulle puisque qu'égalitaire. C'est pourquoi, suivant les tractations en cours, nous devrions aboutir à l'obtention par la gauche au
moins de plusieurs Vice-Présidences avec comme Président le doyen d'âge. J'assiste de près aux négociations et je peux vous dire qu'à la suite d'une annecdote cocace mais intéressante que j'ai pu
suivre, que la droite et ses hauts représentants ne sont ni rassurés, ni confiants de garder à eux-seuls la gestion du département, même si celle-ci sera fébrile jusqu'aux prochaines cantonales.
Cette claque en bonne et due forme est la conséquence d'un travail de fond acharné par des centaines de femmes et d'hommes de gauche animés par un idéal républicain fort, qui se sont battus face
à une droite trop confiante parce qu'installée depuis fort longtemps.
Alors comment ne pas parler de débandade à droite ? Comment ne pas suggérer aussi l'union des forces de gauche sur la durée pour
amplifier ce phénomène local en continuant le travail passionné que nous avons entrepris ?
Le début de la reconquête de notre territoire par la gauche, ce nouveau contre-pouvoir local qui s'installe enfin et ces nouvelles
voix progressistes présentes, me font espérer pour le Jura et nos ambitions, un avenir meilleur.
Bafouilles