:
*En permanence insatisfait et révolté devant l'injustice et les inégalités sociales.*
*L'émancipation comme raison et l'action comme champ d'expérience.*
"Sans doute nous berçons-nous du rêve que l'égalité et la fraternité régneront un jour entre les hommes sans que
soit compromise leur diversité. Mais si l'humanité ne se résigne pas à devenir la consommatrice stérile des seules valeurs qu'elle a su créer dans le passé (...), elle devra réapprendre que toute
création véritable implique une certaine surdité à l'appel d'autres valeurs, pouvant aller jusqu'à leur refus, sinon même leur négation. Car on ne peut, à la fois, se fondre dans la jouissance de
l'autre, s'identifier à lui, et se maintenir différent. Pleinement réussie, la communication intégrale avec l'autre condamne, à plus ou moins brève échéance, l'originalité de sa et de ma
création. Les grandes époques créatrices furent celles où la communication était devenue suffisante pour que des partenaires éloignés se stimulent, sans être cependant assez fréquente et rapide
pour que les obstacles indispensables entre les individus comme entre les groupes s'amenuisent au point que des échanges trop faciles égalisent et confondent leur diversité. (...) Convaincus que l'évolution culturelle et l'évolution organique sont solidaires, [l'ethnologue et le
biologiste] savent que le retour au passé est impossible, certes, mais aussi que la voie où les hommes sont présentement engagés accumule des tensions telles que les haines raciales offrent une
bien pauvre image du régime d'intolérance exacerbée qui risque de s'instaurer demain, sans même que les différences ethniques doivent lui servir de prétexte. Pour circonvenir ces périls, ceux
d'aujourd'hui et ceux, plus redoutables encore, d'un proche avenir, il faut nous persuader que leurs causes sont beaucoup plus profondes que celles simplement imputables à l'ignorance et aux
préjugés: nous ne pouvons mettre notre espérance que dans un changement du cours de l'histoire, plus malaisé encore à obtenir qu'un progrès dans celui des idées."
En ce moment, cela coince à droite : procès politiques, petites phrases, népotisme, couacs, divisions... Face
à une gauche encore éclatée nationalement, est-ce que cela suffira pour 2012 ?
Passage de Napoléon le Petit
Livre premier - L'Homme
" Oui, on se réveillera !
Oui, on sortira de cette torpeur qui, pour un tel peuple, est la honte ; et quand la France sera réveillée,
quand elle ouvrira les yeux, quand elle distinguera, quand elle verra ce qu'elle a devant elle et à côté d'elle, elle reculera, cette France, avec un frémissement terrible, devant ce monstrueux
forfait qui a osé l'épouser dans les ténèbres et dont elle a partagé le lit.
Alors l'heure suprême sonnera.
Les sceptiques sourient et insistent ; ils disent : « N'espérez rien. Ce régime, selon vous, est la
honte de la France. Soit ; cette honte est cotée à la Bourse. N'espérez rien. Vous êtes des poètes et des rêveurs si vous espérez. Regardez donc : la tribune, la presse, l'intelligence,
la parole, la pensée, tout ce qui était la liberté a disparu. Hier cela remuait, cela s'agitait, cela vivait, aujourd'hui cela est pétrifié. Eh bien, on est content, on s'accommode de cette
pétrification, on en tire parti, on y fait ses affaires, on vit là-dessus comme à l'ordinaire. La société continue, et force honnêtes gens trouvent les choses bien ainsi. Pourquoi voulez-vous que
cette situation change ? Pourquoi voulez-vous que cette situation finisse ? Ne vous faites pas illusion, ceci est solide, ceci est stable, ceci est le présent et l'avenir. »
"
Le changement climatique défie les démocraties, les droits humains et l'économie mondiale. Il est du devoir
politique de s'en préoccuper et d'agir radicalement. Aucune mesure n'arrêtera le phénomène, mais des mesures timides l'accompagneront assurément. Les générations futures se souviendront de leur
avenir, écologistes, réussissons ensemble le sommet de Copenhague !
"Nous appelons à une primaire populaire, ouverte au vote des sympathisants, afin que les citoyens de gauche et de progrès puissent choisir leur candidat à l’élection présidentielle.
La primaire est d’abord un élément de la refondation de la gauche.
Elle est une réponse à l’une des crises qui paralysent le parti socialiste et la gauche : la crise de leadership.
Sept ans après son départ, la succession de Lionel Jospin n’est toujours pas assurée. Cette vacance au sommet a progressivement déstructuré la gauche et menace son avenir. La primaire apporte une
solution institutionnelle à une carence institutionnelle : l’absence de procédure adaptée pour désigner le leader.
En 2012, la gauche n’aura plus gagné l’élection présidentielle depuis vingt-quatre ans. Elle n’a fourni, sous la Ve République, qu’un seul président à la France, contre cinq pour les
conservateurs. La primaire peut contribuer à sa reconquête. En associant des millions de citoyens – 4 millions en Italie pour Romano Prodi, 35 millions aux Etats-Unis pour Barack Obama – à sa
désignation, elle offre au candidat une formidable dynamique électorale, militante, citoyenne.
Mais la primaire est avant tout porteuse d’un puissant élan de modernisation de notre vie démocratique
nationale.
La démocratie actuelle permet aux citoyens de répondre à la question : « Qui sera élu ? ». La primaire permet un approfondissement démocratique en leur donnant la possibilité de répondre d’abord
à la question : « Qui sera notre candidat ? ». Cette prise de pouvoir des citoyens sur le choix de leur représentant participe du nouvel âge démocratique qui s’annonce et d’une nouvelle
construction de la légitimité politique.
La démocratisation engagée par la primaire ne s’arrête pas au choix du candidat à la présidentielle. Elle concerne aussi l’offre politique. Aujourd’hui, les projets sont décidés « en chambre ».
Avec la primaire, le choix passe dans les mains des citoyens : ils y votent en effet, non seulement pour une personnalité, mais aussi pour la ligne politique qu’elle défend. A terme, le projet
sera co-produit avec eux, dans le cadre de procédures de démocratie participative.
Au final, c’est la conception même des partis politiques que la primaire revisite. De boîtes noires, ils
pourraient se transformer en moteurs d’une nouvelle révolution démocratique.
C’est pourquoi nous, citoyens de gauche, demandons au parti socialiste, ainsi qu’aux autres partis progressistes, d’adopter un système de primaire populaire pour désigner notre candidat à la
présidentielle. Les propositions sont sur la table. Les modalités sont encore à discuter. Naturellement, le périmètre politique de la primaire ne pourra être arrêté qu’à l’issue d’un travail
préalable sur le fond, permettant d’élaborer des fondements idéologiques communs. Mais le principe doit être arrêté dès maintenant, sereinement, et non dans l’urgence
pré-électorale.
Il en va de l’avenir de la gauche et de notre démocratie."
L'état du Parti Socialiste est inquiétant. Commencer un article en l'écrivant n'a rien de nouveau, ni de
surprenant mais au regard des semaines qui passent, nous pouvons véritablement nous demander si une issue existe à ce marasme profond dans lequel nous sommes ancrés.
L'échec aux élections européennes a révélé une lame de fond qui vient de loin, et que nous ne devons pas
sous-estimer car l'arrogance etl'hégémoniepolitiques dont certains socialistes voudraient encore se prévaloir ne nous tireront plus jamais d'affaires. Elles nous
tueront plutôt. Dire qu'il faut changer de pratiques militantes, renouveler les générations et les discours, ouvrir les portes et les fenêtres en accueillant de nouveaux membres et en travaillant
avec la société civile, faire tomber les dogmes politiques et les a priori idéologiques à gauche, rassembler notre camp... Tout cela ne suffira pas si nous ne prenons pas conscience de deux
choses : nous ne sommes plus capables de porter seuls l'alternative politique et nous ne donnons clairement plus envie à la société en mouvement de nous rejoindre. Nous ne sommes plus crédibles
comme maçons de la "Maison commune", comme fédération de la gauche.
Mais alors que faire ?
Nous entendons depuis un mois environ sur le terrain, suite aux déclarations de nos dirigeants nationaux et à l'ambiance morose qui a gagné les rangs, des avis surprenants et défaitistes. Il se
dit déjà que nous perdrons pas loin de dix régions l'année prochaine (la saignée se passerait surtout dans l'Est français) et que 2012 est déjà une bataille perdue. Effectivement, les rangs
socialistes sont clairsemés et peu ont envie de retourner au combat national. Oser l'affirmer n'ôte en rien notre capacité à recréer les conditions du changement par la mise en mouvement des
hommes et des femmes. Nous avons souvent su le faire au niveau local avec talent, nous pourrons sûrement le refaire nationalement dès lors que nos dirigeants nationaux s'imprégneront de ces
réalités politiques, en regardant plus loin que leurs propres réseaux.
Construire la "Maison commune" de la gauche est une oeuvre politique tout à fait intéressante qui n'est pas
nouvelle d'ailleurs mais qui est sûrement trop avancée en besogne. Comment peut-on être crédibles en appelant au rassemblement alors que notre parti n'a ni projet national clair, ni une leader
incontestée qui souhaite rassembler et s'entourer de tous les socialistes ? Rassembler la gauche en effet, mais reconstruire le parti avant tout.
Pour ma part, j'ai toujours considéré un parti politique comme un outil, et pour le PS, un outil de transformation
sociale. Sa refondation, ou sa rénovation, au choix, doit donc être permanente. En ce sens, oser affirmer que la structure est malade dans sa forme (fonctionnement interne sclérosé, manque de
leadership, communication bancale, manque d'identité, discours peu écouté...) n'est pas un acte courageux, c'est juste un bilan de santé que nos concitoyens ont diagnostiqué bien avant nous alors
que nous leur disions que de toute façon, nous étions "le 1er parti de France", avec "de nombreux élus locaux", dans de "nombreuses collectivités territoriales", drainant un "réseau important et
actif". C'est peut-être exact, mais cela ne nous a jamais suffit à gagner une seule élection nationale car la partie se joue ailleurs, au delà des individus et des personnalités politiques
locales. A peu de choses près, c'était le même discours en 2007 : "effet de balancier oblige, les français votent toujours pour l'opposition le coup d'après". Loin de nos attentes passives, les
français ne sont pas des citoyens imbéciles. Avant tout, ils attendent de nous la construction d'un projet national ancré à gauche, porté par un leader incontesté qui rassemblera d'abord les
siens, puis la gauche et les progressistes. A notre égard, la chance ne nous aidera plus, tant que nous ne provoquerons pas les conditions de son retour.
Il me semble que la gauche et le PS ont toujours existé par des orientations politiques qui ont marqué l'Histoire et fait avancer les droits sociaux. Nous avons toujours gagné sur un projet
politique fort dans le rassemblement et l'espérance du changement car nous avions un discours neuf. Malheureusement, aujourd'hui la gauche apparaît en partie comme archaïque, conservatrice,
donneuse de leçons alors que le mouvement semble être du côté de la droite qui pourtant supporte toute cette idéologie et ces pratiques politiques dont nous sommes très éloignés. Les vrais
repères paraissent donc inversés.
C'est alors que nous devons construire une Maison commune des socialistes d'abord en changeant la structure du PS sans aucun a priori, ni aucune réticence avant même le début des débats : les
postures de circonstance ou les procès d'intention ne nous ont jamais rendu service. Ensuite, en partenariat avec les autres formations politiques,nous devronsdéfinir les bases
d'un programme commun avec un accord législatif que portera le candidat commun issu de primaires ouvertes. D'abord le projet, ensuite le candidat : la gauche a toujours vécu par ses valeurs, par
la mise en mouvement des hommes et des femmes autour d'un projet de transformation sociale (ajoutons aujourd'hui de transformation écologique). La première étape de sa réalisation est l'élection
présidentielle, au sein de cette République maintenant ultra-personnalisée, qui a fait de cet événement la rencontre d'un homme avec le peuple français. A contrario, à nous de mettre en place
très vite à cette occasion, la rencontre d'un projet avec le peuple français, qui aboutirait en partie à la constitution d'une 6ème République.
Toutefois, nous assistons aujourd'hui à la préparation des élections régionales. A quoi peut-on s'attendre ?
D'après les premiers signes, la création de 3 listes à gauche se profile : PS-MODEM / Europe écologie / PCF-PG-NPA. Je ne préjuge de rien, sachant que probablement aucune directive nationale
claire ne sera donnée quant aux alliances. De plus, d'une région à une autre, suivant les intérêts locaux, ces trois scénarios seront revus. Stratégiquement, c'est une grave erreur car nous
savons qu'aucun bilan, aussi bon soit-il, ne fera jamais gagner une majorité sortante, mais seulement un discours national, prononcé à l'unisson. Je regrette donc aussi que des alliances au 1er
tour ne se dessinent pas clairement avec la ferme intention de céder des Présidences d'exécutif socialistes aux partenaires de gauche. C'est vrai qu'il est difficile de se dire que rien ne sera
jamais plus comme avant, mais les temps modernes imposent de s'adapter aux nouvelles réalités de la gauche française qui a trop longtemps subi les drames des feuilletons
socialistes.
Durant les semaines à venir, je serai donc très vigilant à tous ces paramètres déterminants pour l'avenir de la
gauche et de notre projet politique. L'adhésion à notre camp ne passera pas par les mêmes choix antérieurs, avec les mêmes discours et la même affiche politique. Par exemple, il faut intégrer
très vite la dimension écologique à notre projet et ne pas avoir peur de laisser s'affirmer de nouvelles générations. D'ailleurs, je ne pourrai pas assister à l'université d'été du PS, par contre
je me rendrai à celle des Verts et d'Europe écologie à Nîmes. En tant que fervent partisan de l'écologie politique, j'aurai à coeur de découvrir un peu plus une autre culture
politique.
Les socialistes doivent maintenant se saisir d'un nouveau projet de civilisation, ouvert sur les questions de
société, sur l'idée d'éducation populaire, sur la répartition équitable des richesses, sur une nouvelle politique culturelle, sur le pacte laïque, sur les humanités, sur les libertés et les
nouveaux droits sociaux. Dire cela, ce n'est pas reconstruire un autre projet intellectuel loin des réalités et incompris de nos concitoyens, c'est simplement mettre en avant un grand projet de
société que nous accomplirons dans les actes. Car je suis assez déçu du discours de certains camarades qui ne cessent de clamer à une simplification de nos discours. Pour ma part, je ne suis pas
pour tomber dans l'amalgame dangereux de la facilité et du populisme en faisant croire que nos idées sont des coups de crayon et que notre projet ne se résume qu'en quelques mots. Nous pouvons
délivrer un raisonnement global autour de nos valeurs et de notre idéologie comme source de notre culture et de notre vie intellectuelle, sans que cela ne s'oppose nécessairement au principe
d'être clair et compris du plus grand nombre. L'idée de redonner de l'espoir aux jeunes, aux classes populaires, à tous les précaires et aux abstentionnistes, passe aussi par une amélioration de
notre discours, par la mise en place d'une meilleure communication sans que nous ne tombions dans une simplification de nos positions et une dévalorisation de notre projet.
Le libéralisme uniformise les normespar le bas, imprime la loi du plus fort, dénature les diversités et les oppose
entre elles, admettons donc notre différence à gauche en rassemblant largement. Je pense alors que nous arriverons à "rallumer tous les soleils", bien loin de nos vieilles lunes...
"Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l'homme, le respect des autres êtres avant
l'amour-propre." Claude Lévi-Strauss